“Le plaisir, entraînant la jeunesse, est vainqueur de la raison” ~ par Anatole Devosges (1795)

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Toile, 97 x 78 cm

Ce tableau d’ANATOLE DEVOSGES (1770-1850), exposé au Salon de 1795, est en vente.

Voici un résumé de la présentation faite sur le site du vendeur, d’après le livre Les Salons de la Révolution française (1789-1799), de Jean-François Heim, Claire Beraud et Philippe Heim. On verra que Devosges a, en quelque sorte, « récupéré » un sujet moraliste de Prud’hon.

Dès son séjour romain, Pierre Paul Prud’hon imagine une composition allégorique à quatre personnages. L’Amour séduit l’Innocence, le Plaisir l’entraine, le Repentir suit , pour laquelle il multiplie dessins et esquisses. Rentré à Paris en 1788, il abandonne ce sujet anacréontique et moral et ne le reprend que sur demande de l’impératrice Joséphine en 1809. Le divorce impérial va amener le peintre à ne pas terminer complètement cette version, aujourd’hui conservée au musée des beaux-arts du Canada à Ottawa.
Anatole Devosges étudie à Paris dès 1788 chez Jacques-Louis David et participe aux concours de l’école des Beaux-Arts. Prud’hon prend sous son aile le jeune peintre, fils de son ancien maître François Desvoges, et partage avec lui son atelier parisien.

Jean-Jacques Rousseau parmi les “santibelli”?

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Provence – XIXe Siècle. Terre cuite polychrome rehaussée de paillettes or, bois et fleurs en tissu
H. 35,5 cm. Sous globe de verre XIXe à socle de noyer

Cette statuette en terre cuite, repérée sur le catalogue d’une vente, appartient à la catégorie des «santibelli» (de l’Italien « beaux saints »), très proches des santons provençaux. Ces représentations naïves des saints (puis de personnages du folklore) étaient, à l’origine, fabriquées et vendues par des immigrés italiens à Marseille. De cultuels, ces objets sont devenus décoratifs à mesure que les sujets se laïcisaient.

Il est piquant de trouver Jean-Jacques Rousseau, s’il s’agit bien de lui, en santibelli profane, entre le bœuf et l’âne, ou entre un saint local et la marchande de marée…

Le sculpteur Arman, la guillotine et le fatalisme contre-révolutionnaire

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Saviez-vous que le sculpteur Arman avait travaillé sur le thème de la guillotine, et qu’il entendait exprimer par ce travail un point de vue fataliste contre-révolutionnaire (teinté de misogynie de surcroît)?

«Ça finit toujours dans le sang!», remarque-t-il dans l’entretien avec Umberto Eco qu’on lira ci-après. Demeurons donc dans les eaux glacés du calcul égoïste, et oublions les accidents du travail (un ouvrier du bâtiment ne saigne pas, c’est bien connu).

C’est pour moi une découverte, faite dans le beau catalogue de la vente Piasa du 25 novembre prochain.

Cliquez sur les images pour les AGRANDIR.

“Les portraits de Robespierre” ~ par Hippolyte Buffenoir (en ligne sur Gallica)

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Parmi les 35 000 nouveautés en ligne sur le site Gallica – outre de trop nombreux documents d’accès payant – ce livre de Buffenoir sur les portraits de Robespierre.

«Pour la messe»… ou la «Déclaration des droits de dieu»

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Les intégristes du groupe Civitas participent aux prières-manifestations de rue pour demander l’autorisation des messes, malgré les règles sanitaires. Une occasion de plus d’exprimer leur obsession: en finir avec la Révolution française.

L’auteur cité, le vicomte Louis-Gabriel-Ambroise de Bonald (1754-1840), en avait fait toute sa philosophie.

Références à la Révolution dans la propagande militaire et politique à propos de l’Algérie en guerre pour son indépendance

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Circa 1957.
Repéré sur le fil Twitter de @MunzenbergWilly

Annette, fille d’un sans-culotte & “vray républicain” aux frontières, baptisée et abandonnée…

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Dans le dernier catalogue de La Poste d’Autrefois, je relève ce procès-verbal touchant de la découverte d’une petite fille abandonnée le 18 ventôse an II, sur les banc d’une boutique de Commune-Affranchie (nom révolutionnaire de Lyon). Au moins pour cette mère, la misère n’empêche pas la combinaison des sentiments religieux et de la fierté républicaine.

“Boissy d’Anglas saluant la tête du député Féraud le 1er prairial” ~ par Victor Giraud

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Cette œuvre inachevée – encre et gouache – de Victor Giraud (1840-1871) est mise en vente. Pour la contextualisation et l’analyse d’autres tableaux représentant la même scène, à L’Assemblée, le 1er prairial an III (20 mai 1795), voir cet article de Pierre Serna.

Le prolétariat où on ne l’attendait peut-être pas: Écoutez Alphonse Aulard…

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On peut écouter sur le site Gallica un court, mais passionnant enregistrement de la voix de l’historien Alphonse Aulard.

Aulard commence par déclarer obsolète l’histoire que je qualifierai «d’admiration» pour tel ou tel personnage (Robespierre, Hébert…), et conclut sur la constatation majeure à laquelle mène un travail sérieux sur les archives…

Il est assez piquant de le voir marcher ainsi sur les brisées de son rival (quoique ancien disciple) Mathiez, même si certaines formulations mériteraient d’être revues.

Ainsi, je ne pense pas que le prolétariat – ici confondu avec «le peuple», sans exigence marxienne de composition socio-professionnelle – se soit borné à «réaliser les idées démocratiques» conçues par d’autres, ce qui n’est déjà pas mal. Le prolétariat a participé, à l’avant-garde du mouvement révolutionnaire à l’élaboration pratique d’une théorie de la démocratie directe, expression de la souveraineté populaire, que personne n’avait imaginée comme programme révolutionnaire.

Ce n’est pas une fantaisie. […]

Nous nous sommes aperçus que le véritable héros, le véritable acteur, le véritable conducteur de la Révolution française c’était en définitive le peuple français.

Et dans le peuple français, nous nous sommes aperçus également que c’était la classe pauvre, la classe laborieuse, les petits bourgeois, les ouvriers d’usine, le prolétariat en un mot, qui avait réalisé les idées démocratiques élaborées dans un autre milieu, dans un milieu aristocratique et bourgeois. […]

Une fois sur la page de Gallica, cliquez dans le cartouche qui se trouve en haut de page (et non dans celui qui figure juste au-dessus de l’image du disque).

Philippe de Villiers débouté d’une plainte contre “Le Sans-culotte85”: un jugement dans le sens de l’histoire!

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Le Sans-Culotte 85, «journal vendéen qui ne joue pas les fayots», comme il se définit lui-même était poursuivi en diffamation par le baron Philippe de Villiers. J’ignore ce que les sans-culottes avaient bien pu trouver de désagréable à dire d’un ci-devant aussi distingué, dont on dit même qu’il a l’oreille (ça vous a un côté corrida…) du président Macron.

Peu importe, puisque voilà le baron dûment débouté, ce qui nous vaut la réjouissante illustration que voici: