“Encyclopédie d’histoire des femmes. Belgique, XIXe-XXe siècles”

Étiquettes

, , , , ,

Depuis le XIXe siècle, la condition féminine a connu des progrès remarquables. En 165 notices thématiques, l’Encyclopédie d’histoire des femmes offre un aperçu clair et accessible de multiples aspects de l’histoire politique, sociale, professionnelle, culturelle, familiale ou associative qui ont marqué la vie quotidienne des femmes. Elle met aussi en lumière l’importance des femmes et du mouvement féminin dans la lente démocratisation de notre société. Ce faisant, elle offre une magnifique synthèse des enjeux, des étapes et des stratégies qui ont scandé la marche vers plus d’égalité entre les hommes et les femmes.

Cette Encyclopédie d’histoire des femmes résulte du travail collectif de 70 spécialistes, sous la direction des historiennes Éliane Gubin (professeure honoraire de l’Université libre de Bruxelles) et Catherine Jacques (enseignante et collaboratrice scientifique à l’Université libre de Bruxelles) avec la collaboration de Claudine Marissal (Centre d’archives et de recherches pour l’histoire des femmes).

Cliquez sur les images pour les AGRANDIR.

Encyclopédie d’histoire des femmes. Belgique, XIXe-XXe siècles, Éliane Gubin et Catherine Jacques (dir.), Éditions Racine, 656 pages, 29,95€.

 

 

L’histoire en “selfies” ~ par Deligne

Étiquettes

,

Trois dessins savoureux de Deligne, qui s’en prend – allez savoir pourquoi?! – aux téléphones portables et aux dits «réseaux sociaux». Deux livre sont parus chez Iconovox. Les deux ci-dessous sont tirés du Selfie à travers les âges.

Cliquez sur les images pour les AGRANDIR.

Kropotkine au Centre international de recherches sur l’anarchisme (CIRA) de Marseille

Étiquettes

, , , ,

Kropotkine n’est pas seulement l’auteur de La Grande Révolution, c’est aussi – malgré son impardonnable «moment unitaire» contre l’ennemi barbare au moment de la Première Guerre mondiale – un théoricien d’une grande modernité.

Meilleur spécialiste de Kropotkine, Renaud Garcia viendra en parler au CIRA de Marseille, le 8 juin prochain. J’en profite pour donner d’autres nouvelles de ce centre de recherches.

Cliquez sur les images pour les AGRANDIR.

“Figurations of the Feminine in the Early French Women’s Press, 1758-1848” ~ par Siobhán McIlvanney

Étiquettes

, ,

Description

In this original study, Siobhán McIlvanney examines the beginnings of the women’s press in France. Figurations of the Feminine is the first work in English to assess the most significant publications which make up this diverse, yet critically neglected, medium. It traces the evolving representations of womanhood that appear over the first ninety years of women’s journals in France. McIlvanney’s insightful readings demonstrate that these journals are often characterised by a remarkable degree of ‘feminist’ content. This refutes the general conception of the women’s press as an idealised, hyper-feminised space inhabited by the intellectually idle – whether in the form of readers or writers – disseminating and legitimating a limited range of patriarchal stereotypes and idées reçues. Through textual analyses of different ‘generic’ subsections, whether the literary journal, the fashion magazine, the domestic press or more explicitly politicised outputs, Figurations of the Feminine challenges the critical commonplaces which have been applied to the women’s press since its genesis, both in France and elsewhere. It demonstrates the political richness of this medium and the privileged perspectives it gives us on female self-expression and on the everyday lives of French women from across the class spectrum during this key historical period.

Reviews
‘A theoretically sophisticated history of the early female press in France, Figurations of the Feminine fills an important gap in French literary studies and gender history. This book offers the first comprehensive history of the women’s press in France in the politically turbulent years from 1758 to 1848. Siobhán McIlvanney’s deeply researched study will engage scholars across a range of fields and will inspire them to think in fresh ways about the complexity of gender construction in the popular press, and the potential for women’s agency and consciousness through the liberating act of reading.’

Jennifer M. Jones, Department of History, Rutgers University

‘Early French women’s journals were about so much more than fashion. Not only do they provide today’s reader with valuable insights into the cultural backgrounds of their writers and readers, but they were also a key means of promoting women’s emancipation at the time. And this is what Siobhán McIlvanney’s excellent book is all about.’

Dr Annemarie Kleinert, Author of Le Journal des dames et des modes ou la conquête de l’Europe féminine (1797-1839)

‘An engaging and valuable contribution to the field of early French women’s history.’

Professor Joyce Dixon-Fyle, DePauw University

About The Author

Siobhán McIlvanney is a Reader in French and Francophone Women’s Writing at King’s College London.

________________________

Le site de l’éditeur, Liverpool University Press (LUP).

“Temps et temporalités sous la Révolution” ~ Journée d’étude vendredi 10 mai, Centre Mahler Paris IVe

Étiquettes

, , , , , , , , , , , , ,

Vendredi 10 mai 2019

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – Amphithéâtre Dupuis

Centre Malher : 9 rue Mahler, Paris 4e (M° Saint-Paul)

Journée d’étude organisée par Jean-Luc Chappey (Université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne)

et Adrien Paschoud (Université de Bâle)

9 h : Accueil des participants

9 h 15 : Introduction générale par Jean-Luc Chappey et Adrien Paschoud

Philosophies de l’histoire sous la présidence d’Anne Conchon

9 h 45 : Julien Vincent (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne) « Réflexions sur les rapports entre temps de la nature, temps de l’économie et temps de la politique pendant la Révolution et l’Empire »

10 h 15 : Arnaud Orain (Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis) « ‘Volonté générale’ ou ‘Lois naturelles de l’économie politique’ ? La question du temps dans les débats sur la monnaie et le crédit sous la Révolution »

10 h 45 : Discussions et pause

Régénération et temporalités sous la présidence de Quentin Deluermoy

11 h 30 : Deborah Cohen (Université de Rouen) « Le temps révolutionnaire dans l’intimité autour des débats sur le divorce »

12 h : Léonard Burnand (Université de Lausanne) « Terreur et temporalité : la question du ‘dérapage’ »

12 h 30 : Discussions

Pratiques temporelles et expériences du moi sous la présidence de Jean-Luc Chappey

14 h 30 : Guillaume Mazeau (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne) « Prendre le temps, prendre le pouvoir : les temporalités comme enjeux des luttes politiques pendant la Révolution »

15 h : Michèle Crogiez Labarthe (Université de Berne) « L’espace-temps de la Révolution perçu depuis la campagne : la correspondance de la duchesse de La Rochefoucauld »

15 h 30 : Pierre Serna (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne) « Vitesse et politique sous la Révolution. Comme un hommage à Paul Virilio »

16 h : Discussions et Pause

Représentations du temps sous la présidence de Nicolas Offenstadt

16 h 45 : Olivier Ritz (Université Paris Diderot) « Le temps imprimé : temporalités du monde du livre pendant la Révolution »

17 h 15 : Valérie Cossy (Université de Lausanne) « Temporalité humaine et temporalité révolutionnaire dans Henriette et Richard d’Isabelle de Charrière »

17 h 45 : Discussions

Discutant·e·s : Anne Conchon (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne), Quentin Deluermoz (Université Paris 13) et Nicolas Offenstadt (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne)

 

 

“Laissez-vous guider”… jusqu’au summum de la niaiserie

Étiquettes

, , ,

En matière de sottise, on est toujours étonné de voir des records que l’on croyait indépassables être pulvérisés! Tant de crétins ont déjà concouru… Et pourtant, c’est possible, ainsi qu’en a apporté la preuve – au-delà de toute crainte (ou espérance) – l’émission «Laissez-vous guider» (ici dans le Paris de la Révolution française) diffusée hier 2 mai sur «France 2».

Les présentateurs Stéphane Bern et Lorant Deutsch se sont surpassés. Bern, déjà maître dans l’art de la niaiserie télévisée en campant régulièrement un personnage de guide touristique qui-articule-bien-pour-les-visiteurs-âgés atteint cette fois le comble du grotesque, donnant la réplique à un Lorant Deutsch égaré dans des saynètes pitoyables.

Sans énumérer les demi-vérités et confusions de l’émission (la vie est courte!) je ne peux résister au plaisir de signaler à la postérité la (très, très) longue séquence sur la réalisation d’une tête de veau mitonnée au restaurant Le Procope…

Pourquoi une tête de veau? Pas parce que les adversaires de la monarchie en consomment encore aujourd’hui à chaque anniversaire de l’exécution de Capet – il n’en est pas soufflé mot! – mais parce que «c’était le plat le plus couramment consommé par les pauvres» [sic].

Les critiques ont souligné, à juste titre, le côté farce de cette émission sur la Révolution confiée à deux sympathisants royalistes. Ils n’ont pas dit que c’est dans l’insondable stupidité des dialogues et de la mise en scène que s’exprime (presque) toute la prise de position des duettistes. On croirait en effet qu’ils ont eu à cœur de se brouiller avec leurs amis politiques, adoptant une espèce de vulgate républicaine minimaliste, stupide certes, mais point si orientée vers la contre-révolution.

À moins qu’il ne s’agisse d’une stratégie extrêmement subtile visant à ringardiser la Révolution en lui associant nos deux têtes de veaux?…

C’est en tout cas à un crétin invité (comme spécialiste!) que revient la déclaration la plus polémique de l’émission. M. Patrick Pelloux, médecin urgentiste de son état, planté sur une reconstitution en 3 D d’une guillotine, nous déclare en effet à propos de la mort de Louis XVI: «Aujourd’hui, on paye encore les conséquences de cette décapitation»…[C’est si con que ça pourrait être du Macron…]

Sans déc Patrick!? Il est vrai que le même vient d’affirmer paisiblement quelques secondes auparavant que si les nobles étaient exécutés à la hache, les pauvres étaient, sous l’Ancien régime, «égorgés avec un vieux couteau». Ça, c’est du scoop Patrick! Il est probable que c’est ce goût de la révélation qui a conduit le même crétin multitâches à condamner, le 1er mai dernier, (toujours en tant que spécialiste, je suppose) une «attaque» par des manifestants de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière… attaque qui n’a jamais eu lieu que dans l’imagination propagandiste des officines gouvernementales.

Emporté par l’ambiance soudain revancharde, Bern se laisse aller à lâcher qu’«un peuple régicide, ça n’est jamais…» (geste de la main pour signifier que «Ça craint»). On suppose que Stéphane Bern voit d’un très très mauvais œil le peuple italien, qui a lynché Mussolini au lieu de lui offrir, comme à Louis XVI, un long procès, de très longs débats, un vote (très disputé) et un défenseur…

La seule chose que l’on pourrait à la rigueur sauver de ce naufrage est la reconstitution en 3 D et in situ de monuments disparus. Ça n’est pas neuf, ça court les jeux vidéo, mais ça produit toujours son petit effet.

Bref, quand on sait la difficulté d’une politique de vulgarisation historique à la fois sérieuse et accessible – évoquée ici-même il y a peu à propos du livre L’Histoire comme émancipation – la diffusion d’une aussi méprisable bouillie ne peut s’analyser que comme une entreprise de sabotage. 

 

Prémonition ou prétention?

Étiquettes

,

«Bande de ringards, dans 100 ans vous nous commémorerez!»

Banderole (si large que j’en ai coupée un morceau au cadrage) placée sur le trajet de la manifestation du 1er mai à Paris.

À propos de ladite manifestation, deux points d’histoire

Un mensonge de propagande (dans la presse): la prétendue «incursion violente» de manifestant·e·s dans un hôpital (ils et elles fuyaient simplement les charges et le nuage de gaz lacrymogène).

Une première (sous mes yeux): la police chargeant, matraquant, gazant, puis visant au canon à eau… le service d’ordre de la CGT.

Usages de l’histoire, fétiches de la Révolution. Retour sur “Ça ira (1) Fin de Louis” de Joël Pommerat ~ Entretien avec Patrick Boucheron, Guillaume Mazeau et Sophie Wahnich

Étiquettes

, , , , , , , , , , , ,

Je donne ci-dessous un court extrait d’un long entretien entre Patrick Boucheron, Guillaume Mazeau et Sophie Wahnich (Propos recueillis par Frédérique Aït-Touati, Bérénice Hamidi-Kim, Tiphaine Karsenti et Armelle Talbot).

Les deux historiens et l’historienne traitent non seulement de la pièce de Pommerat, mais de la manière de parler de la Révolution, de la place qu’on y reconnaît au peuple, etc. Très intéressant et très stimulant.

Vous pouvez lire le texte complet en ligne sur le site Thaêtre, et·ou le télécharger ici-même.

 

Guillaume Mazeau. – Dans le travail, je ne suis pas d’accord sur ce terme de souveraineté : la pièce résulte d’une réelle collaboration, même s’il est vrai qu’en fin de course, c’est le théâtre qui devait l’emporter. La différence entre Pommerat et moi, c’est que, comme auteur, il veut plaire. En tant qu’historien, je ne dois évidemment pas me situer sur ce plan-là, même si ce non-dit joue aussi – mais de manière inavouée – sur les évolutions récentes de l’écriture savante de l’histoire. Beaucoup de thèmes que la dramaturge Marion Boudier et moi avons proposés – les débats sur les « libres de couleur », les pauvres ou les femmes – ont été repoussés par Joël, notamment parce qu’il était guidé par la volonté que chaque situation soit compréhensible et incarnée. Or lorsque nous les avons proposés, peut-être en raison de nos choix d’archives, ces thèmes ne semblaient pas assez concrets pour nourrir des situations. Joël était aussi mû par ses propres obsessions : la naissance et la vie des assemblées, le fossé qui, dès l’été 1789, se creuse entre le peuple et ses nouveaux représentants, la part mythologique et anthropologique des moments de fondation politique ou, dans un autre registre, la méfiance vis-à-vis du théâtre militant, etc. Ces tensions sont apparues très vite entre nous, parce que si Pommerat – et c’est la force de son théâtre – s’attache à suspendre son jugement le plus possible, assumant une certaine forme de « neutralité », je considère pour ma part que toute histoire, tout récit engage une vision du monde, porte une idéologie, qu’il vaut mieux parfois assumer, clairement dévoiler et même utiliser car celle-ci produit du sens, apporte un angle critique. À condition qu’elle n’instrumentalise pas le passé et qu’elle n’embarque pas le spectateur/lecteur sans qu’il ait été averti des termes du contrat, cette démarche ne me semble pas poser problème, bien au contraire : c’est ce que j’ai appelé dans ma thèse « l’éthique du plongeon ». L’une des scènes à laquelle nous avons le plus contribué, Marion et moi, correspond peut-être à cette démarche : inspirée de l’arrestation de Marat et d’écrits contre la corruption et la trahison des élus, la scène 25, l’avant-dernière de la pièce, montre l’arrestation de militants radicaux dans une assemblée de quartier. Joël a accepté la trame que nous lui avions proposée parce qu’en fin de création, le temps manquait. Cette scène montre le retournement d’une partie de ceux qui sont arrivés au pouvoir contre les franges les plus radicales de la population et pose un problème auquel sont confrontés beaucoup de moments de fondation politique : que faire de la radicalité, de l’illégalité et de l’énergie insurrectionnelle, lorsqu’on est issu de ce mouvement même, sans lequel aucune révolution n’aurait pu avoir lieu, mais que l’on entend désormais gouverner et établir un nouvel ordre fondé sur le respect de la loi ? Sans caricaturer les partisans de l’ordre, le point de vue de cette scène penche, je crois, plutôt du côté des radicaux, ce qui me semblait intéressant car leur parole a été, depuis plus de deux cents ans, très majoritairement disqualifiée ou même effacée. C’est une petite inflexion dans la pièce qui, globalement, évite de prendre un parti plus qu’un autre, même si elle présente la Révolution comme un événement fondamentalement émancipateur.