“La Révolution s’affiche” ~ Un livre, une exposition, quatre timbres

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L’Assemblée nationale expose la collection d’affiches réunies par Portiez de l’Oise. À cette occasion, un livre (avec les éditions Fayard) et quatre timbres (réunis sur une plaquette) sont édités.

La collection comporte notamment des affiches rédigées par des femmes (jadis rééditées par les Éditions d’histoire sociale [EDHIS]), dont plusieurs portent la signature d‘Olympe de Gouges.

L’un des timbres représente une affiche appelant à la libération de l’Enragé Jean-François Varlet; un autre reproduit une affiche d’Olympe de Gouges.

Un «nouveau» portrait de Claire Lacombe…

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Une notice biographique récente de Claire Lacombe, bricolée avec pas mal de vrai et un peu d’invention est illustrée par un «nouveau» portrait, qui s’inscrit dans une suite appelée à se compléter au fil des ans, la nature d’Internet ayant horreur du vide d’images…

Seul menu problème, ce portrait est présenté ailleurs comme celui de Stéphanie Louise Adrienne de Beauharnais, «princesse française et par mariage, grande-duchesse de Bade, est née à Versailles, en France, le et morte à Nice, dans le royaume de Sardaigne, le . Fille du comte Claude de Beauharnais, parent par alliance de l’impératrice Joséphine, elle est adoptée, en 1806, par Napoléon Ier, qui en fait ainsi une princesse impériale française. Mariée au futur grand-duc Charles II de Bade, elle est grande-duchesse de Bade de 1811 à 1818»

Et si la faune & la flore constituaient le Tiers-État… Hypothèse politico-artistique par “Le peuple qui manque”

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Installation vidéo et sonore par Le peuple qui manque, qui mobilise des historiennes comme Sophie Wahnich, produite par la Biennale de Lyon.

Cliquez sur l’image pour l’AGRANDIR.

“La guillotine au milieu du rond-point” ~ par Nathalie Alzas

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Je donne un extrait du début d’un article très documenté de Nathalie Alzas, que l’on pourra lire en intégralité sur le site Révolution française.net.

Mais ce qui semble le plus curieux n’est pas le choix de cette infrastructure dispendieuse, dont la propagation semble être une aberration très française. En novembre-décembre 2018, des gilets jaunes s’installent sur ces ronds-points, avec un signal particulier, la guillotine. L’inédit – le rond-point, un mouvement protéiforme – côtoie un symbole vieux de plus de deux siècles, éminemment reconnaissable et polémique. La guillotine, au milieu – et non pas au centre – du rond-point est une des références les plus saillantes, si ce n’est tranchantes, de la Révolution, présentes dans le mouvement des gilets jaunes. La Veuve, pourtant allégorie peu discrète, ne fait guère scandale, tant elle finit par s’imposer, au fil des jours comme un des éléments, parmi d’autres, d’identification des mécontents.

Un retour symbolique inattendu ?

Pour l’historien de la Révolution, ce jaillissement de la guillotine au milieu du rond-point est un phénomène singulier. L’instrument, archaïque, est remisé, en 1981, avec l’abolition de la peine de mort, parmi les engins obsolètes. Et même si une partie de l’opinion publique exprime, via les sondages, une volonté de retour à la peine capitale pour les crimes les plus graves, il semble que la guillotine soit définitivement associée à un monde archaïque, lié à une période perçue négativement, la Terreur. L’installation de répliques de guillotine sur les ronds-points ne peut donc apparaitre comme un signal anodin. Plantée là, avec des inscriptions vengeresses, parfois avec un mannequin décapité, elle proclame, de façon provocatrice, une volonté de justice populaire à l’égard des puissants, notamment une cible privilégiée, le président de la République. Un spectacle, parfois saisissant, s’impose sur certains axes de communication, ainsi au rond-point de Lachamp, dans le Massif Central, où les gilets jaunes mettent en scène l’exécution d’E. Macron (1). La guillotine sur le rond-point interroge donc sur l’imaginaire d’une partie des Français, en posant avec acuité la question de la souveraineté du peuple et de ses rapports avec la violence politique. Les diverses apparitions de guillotine permettent aussi de repérer les liaisons symboliques avec d’autres pratiques, situées elles-aussi, dans une tradition contestataire de la société française.

“Mourir en révolutionnaire” ~ Colloque à Rouen lundi 25, mardi 26 et mercredi 27 novembre 2019

Colloque organisé par GRHis Université de Rouen Normandie, IRHIS Université Lille 3, CHEC Université Clermont Auvergne, IRIHS Université de Rouen Normandie, Société des études robespierristes.

Comité d’organisation : Michel Biard, Philippe Bourdin, Laurent Brassart, Jean-Numa Ducange, Jean-Yves Frétigné, Hervé Leuwers, Côme Simien, Cyril Triolaire.

Comité scientifique : Ludivine Bantigny, Raphaëlle Branche, Jean-Claude Caron, Alexandre Fernandez, Emmanuel Fureix, Claudia Giurintano, Louis Hincker, Lynn Hunt, Marisa Linton, Anne de Mathan, Matthias Middell, Martial Poirson, Fausto Proietti, Stéphanie Roza, Timothy Tackett, Lu Yiming, Lihong Zhou.

Lundi 25 novembre

I La Révolution française, entre héroïsation et querelles historiographiques

14h : Michel Biard, Jean-Numa Ducange et Jean-Yves Frétigné, Introduction

14h30 : Hervé Leuwers (Université Lille 3), Aux frères d’armes morts le 14-Juillet. Hommages et célébrations en l’honneur des « victimes » de la Bastille (1789).

15h : Guillaume Mazeau (Université Paris I), Un modèle global de la mort révolutionnaire, le cas de Marat.

15h30 : débats puis pause

16h : Philippe Bourdin (Université de Clermont Auvergne), La mort est-elle toujours héroïque ? Le suicide de Gaillard, membre de la Commission de surveillance républicaine de Lyon (an II).

16h30 : Françoise Brunel (Université Paris I) et Jacques Guilhaumou (CNRS), Mourir pour… ? Patrie et Révolution dans les derniers propos des condamnés en l’an III.

17h : Pascal Dupuy (Université de Rouen Normandie) et Rolf Reichardt (Université de Mayence), La symbolique du Vengeur. Mémoire pluri-médiatique d’un martyr républicain (1794-1889).

17h30 : débats

 

Mardi 26 novembre

9h : Anne de Mathan (Université de Brest), De fleurs ou d’épines. Les couleurs changeantes de la couronne mortuaire des Girondins au prisme de l’historiographie (XVIIIe-XXIe siècle).

9h30 : Michel Biard (Université de Rouen Normandie), Une mort héroïque volée ? Les historiens et le « cas » Robespierre.

10h : débats puis pause

10h30 : Côme Simien (Université de Clermont Auvergne), Les revenants de la Révolution. Rumeurs, bruits et mises en scène de la survie des révolutionnaires défunts.

11h : Valeria Ferrari (Université La Sapienza, Rome), Les martyrs de la République napolitaine de 1799 et la construction de l’identité italienne.

11h30 : débats

II Martyrs révolutionnaires et cérémonies de la mort au XIXe siècle

13h30 : Alexandra Sfoini (Fondation Nationale de la Recherche Scientifique de Grèce, Athènes), Le premier martyr de la liberté grecque, culte et mémoire de Rigas Velestinlis.

14h : Laurent Nagy (docteur en Histoire), La mort invisible des « révolutionnaires » français en Espagne (1823-1824).

14h30 : Pierre Géal (Université Grenoble Alpes), Les deuils politiques dans l’Espagne du Triennat Libéral (1820-1823).

15h : Pierre-Marie Delpu (Université de Provence), Mourir en martyr libéral. Funérailles et anniversaires des révolutionnaires exécutés (Espagne et Etats italiens, 1830-1848).

15h30 : débats puis pause

16h : Silvia Cavicchioli (université de Turin), Le martyre de Mameli. Conservation, refoulement, réhabilitation d’un mythe révolutionnaire du Risorgimento au fascisme.

16h30 : Manon Nouvian (Trinity College, Dublin), Funérailles publiques et lutte démocratique. Le martyre de Samuel Holberry, leader chartiste.

17h : Chloé Lacoste (Université Paris IV), Funérailles publiques et agitation nationaliste. Le cas des Fenians irlandais (1858-1916).

17h30 : Walter Badier (Université d’Orléans) et Sara Trovalusci (Université d’Urbino), « L’idée ne meurt pas avec eux ». La mémoire des propagandistes par le fait au sein de la culture politique anarchiste en Franc et en Italie.

18h : débats

 

Mercredi 27 novembre

III Le martyrologue révolutionnaire au XXe siècle

9h : Jean-Numa Ducange (université de Rouen Normandie), Les assassinats de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht (titre provisoire).

9h30 : Baptiste Roger-Lacan (Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse), Le martyr socialiste face au martyr royaliste : Jean Jaurès et Marius Plateau (23 novembre 1924).

10h : débats puis pause

10h30 : Virgile Cirefice (Université Lyon III), Giacomo Matteoti, figure christique.

11h : Jean-Yves Frétigné (université de Rouen Normandie), Gramsci est-il mort en révolutionnaire italien fidèle à La Troisième Internationale ?

11h30 débats

13h30 : Anne Mathieu (université de Lorraine), Le martyrologe révolutionnaire de la répression stalinienne en Espagne dans les périodiques antifascistes français (juillet 1936 – décembre 1937).

14h : Silvana Campo (Université Paris I), Les « morts féconds » et la formation des esprits.

14h30 : Alain Ruscio (Paris), Fernand Iveton, martyr du combat pour l’indépendance de l’Algérie.


15h : débats puis pause.


15h30 : Grégoire Le Qang (IHTP), Les deux corps du révolutionnaire. Fin de vie et au-delà pour les militants de la lutte armée de l’Italie des années 1970.


16h : Pietro Milli (Université de Rouen Normandie), Mythologies révolutionnaires, l’exemple de la création artistique italienne du début des années 1970.


16h30 : débats

“La guerre du blé au XVIIIe siècle” réédité chez Kimé

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Les éditions Kimé rééditent (pas sous une couverture plus lisible!) le livre collectif dirigé par Florence Gauthier et Guy-Robert Ikni (décédé en 1993).

Ce livre contient notamment l’article de E. P. Thompson: «L’économie morale de la foule dans l’Angleterre du XVIIIe siècle».

330 p. 28 €.

“Le mouvement social à l’épreuve de la Révolution française. Une question de visibilité sociale” (2005) ~ par Jacques Guilhaumou

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Fortement marqué par la recrudescence au cours des années 1990 du mouvement social par le fait des luttes et de la parole des sans, nous avons essayé d’en évaluer les caractéristiques propres à l’épreuve de la Révolution française, et tout particulièrement du phénomène conjoint des porte-parole (Guilhaumou, 1998b). Nous avons voulu ainsi attester du présent de la Révolution française dans le mouvement social, donc sa part inhérente, voire immanente, aux ressources permettant de comprendre la portée émancipatoire des luttes sociales actuelles. Nous avons ainsi contribué, nous semble-t-il, à donner une visibilité et une centralité historiques à un mouvement des sans relégué trop souvent sur les marges de la société.

Pour sa part, Olivier Voirol (2005) développe, dans la présente publication, une interrogation sur la visibilité de l’histoire du mouvement social et de ses luttes par un regard critique sur l’infrastructure médiatique de la visibilité dans nos sociétés contemporaines. Il propose une critique des apparences médiatisées qui tendent à restreindre l’horizon de la visibilité sociale. Il souligne ainsi d’autant mieux l’importance de la perspective ouverte par la reconnaissance des « résistances invisibles » inscrites dans une dynamique de l’agir en commun. Dans cet horizon élargi des luttes pour la visibilité, nous pouvons alors circonscrire l’enjeu éthique de l’écoute par l’historien des médiations réelles à l’œuvre dans un trajet d’émancipation attesté du mouvement révolutionnaire au mouvement social, et qui plus est formulé au terme d’un détour sociologique par l’étude des résistances à l’exclusion et de leur ancrage historique (Mesini, Pelen, Guilhaumou, 2004).

 

I – Un cheminement éthique.

De la figure historique du porte-parole (Guilhaumou, 1998a) à la figure actuelle du porte-parole des sans (Guilhaumou, 1998b), un vaste espace de visibilité à forte dimension communicationnelle s’est mis en place. A vrai dire, Habermas (1992) avait déjà notifié l’importance de cette figure éphémère en soulignant la présence, dans les mouvements sociaux, d’acteurs émergents du public et participant eux-mêmes à la création d’un espace public inscrit à l’horizon du droit. Cependant il apparaît qu’une recherche encore plus ample sur la visibilité sociale des mouvements actuels, toujours à la lumière de la Révolution française, nécessite une évaluation des apports et des limites, donc une critique du modèle habermasien de l’agir communicationnel initialement pris en compte sous la forme d’«un pouvoir engendré communicativement» présent dans la  Révolution française en tant que «chaîne d’événements bardée d’arguments» (Habermas, 1989).

En effet, une telle mise à l’épreuve de l’actualité des luttes sociales sous une description renouvelée de la langue politique de la Révolution française (Guilhaumou, 2005) a fait son chemin à l’intérieur même du mouvement social sous la forme de la désignation des nouvelles Bastilles à prendre. Elle a même pris récemment sa place dans des considérations particulièrement originales sur le rapport de réflexion que la théorie de la critique sociale entretient avec la prise de parti pour le mouvement social (Renault, 2004 a).

Ainsi la dimension éthique – certes déjà pensée en terme habermasien d’intérêt pour l’émancipation comme condition de la connaissance (Habermas, 1976) – a acquis une importance grandissante au regard des considérations strictement pragmatiques sur les actes spécifiques des mouvements en lutte. Ce souci éthique s’est d’abord ancré dans une réflexion ontologique sur la formation du moi au plus près de l’accession en 1789 à la dignité de soi – sous la figure emblématique de Sieyès (Guilhaumou, 2001, 2002) – et de sa réitération actuelle dans une réflexion sur les possibilités d’expression du moi comme voie d’accès privilégiée à autrui dans sa généralité sociale (Honneth, 2000).

Dans cette perspective enrichie, nous nous proposons d’approfondir le lien entre la critique sociale inscrite dans la lignée d’Habermas, mais singulièrement renouvelée sur le terrain de la reconnaissance sociale, présentement en matière de visibilité sociale (Honneth, 2003, 2004) d’une part, et notre approche historique du mouvement social d’autre part. Lire la suite

Les “Œuvres politiques” de Marat soldées par son éditeur Jacques De Cock sur PriceMinister

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Les 10 volumes des Œuvres politiques de Jean-Paul Marat sont soldés à moitié prix par son éditeur scientifique Jacques De Cock. Il vous en coûtera 200 € + 8,19 € de port.

Une occasion pour les particuliers et particulières qui peuvent offrir ou s’offrir un cadeau intelligent pour les fêtes à venir (ou à inventer!).

Occasion aussi et surtout pour les centres de documentation et bibliothèques auxquelles manquerait ce monument d’érudition révolutionnaire.

Consultez l’offre et achetez sur Rakuten-PriceMinister.

 

Une énième représentation de la Révolution hostile aux sans-culottes. ~ Et c’est en couleurs!

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Deux albums de bandes dessinées sur la Révolution: 1789 La mort d’un monde & 1789 La naissance d’un monde.

Scénario: Noël Simsolo. Direction artistique (quésaco?): Paolo Martinello. Dessin: Vincenzo Bizzarri, assisté de Dario Grillotti. Couleurs: Paolo Martinello & Luca Bulgheroni. Éditions Glénat.

La symétrie des titres ne vous aura pas échappé. Elle est supposée nous vendre l’idée pas sotte en elle-même de deux «points de vue» différents sur la Révolution. Le premier serait celui de l’aristocratie et de la cour, le second celui des patriotes et·ou du peuple.

Arnaque. Si les scènes sont bien vues d’un point de vue différent selon l’album, c’est comme on utilise une deuxième caméra au cinéma. En réalité, le point de vue des sans-culottes n’est jamais représenté.

Sauf Maillard, vainqueur de la Bastille et accompagnateur/porte-parole des femmes qui marchent sur Versailles en octobre et, comme acteur collectif, les Dames de la Halle, les gens du peuple de Paris n’apparaissent que comme des silhouettes ou des trognes menaçantes. Ils et elles tranchent des têtes, les plantent au bout d’une pique, arrachent un cœur pour le dévorer, etc.

«Paris nous appar-». Ben tiens! Celui-ci est si moche et si bête qu’il n’arrive même pas à finir sa phrase…

(Oh! Paolo! Non, pas toi, l’autre!)

Tous les gens propres sur eux, côté monarchiste et côté «patriote» passent leur temps à analyser la situation, à discuter stratégie.

Exception à signaler: Donatien Aldonze de Sade qui hurle de la fenêtre de son cachot de la Bastille, quelques jours avant la prise de celle-ci, que l’on égorge tous les prisonniers. Cela mérite pourtant d’être enregistrée comme l’une des provocations les plus opportunes de toute l’histoire… Eh bien non. Le Dr Simsolo diagnostique un «délire». D’ailleurs, ne l’a-t-on pas transféré à Charenton, chez les fous!

Et que va faire le Duc d’Orléans? Et qu’a dit le duc d’Orléans? Que pense le duc d’Orléans? (C’est l’obsession du scénariste!)

Mais n’espérez pas rencontrer Varlet ou deviner Pauline Léon, comme dans le film Un peuple et son roi. Nous avons affaire à un travail régressif, qui reprend pour mieux les entretenir les vieux mythes de la violence populaire aveugle.

Les sans-culottes ne pensent pas, ils ne débattent pas, ils n’achètent pas de journaux (d’ailleurs il n’y a pas un seul journal dans les deux albums!), ils ne lisent pas d’affiches, ils ne se réunissent pas dans les districts…

On comprend que ça n’a pas dû être facile pour une poignée de gens bien de réussir une révolution malgré cette imprévisible populace vociférante et jamais satisfaite…

Navrant!