Une bibliothèque municipale féministe à Paris

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Pour donner un cadre autonome et de nouveaux moyens à la Bibliothèque Marguerite Durand (qui se trouve dans le 13e, et non plus dans le 5e, comme l’affirme le document mis en ligne par la Mairie de Paris…): consultation en ligne pour les Parisiennes et les Parisiens.

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Rencontre avec la revue “CLIO” autour des “citoyennetés” (27 septembre ~ 6, rue des Petits-Champs, Paris IIe)

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image1capture-decran-2016-09-21-a-20-42-20Rencontre-débat autour du numéro 43/2016 « Citoyennetés »
organisé par la revue CLIO. Femmes, Genre, Histoire

avec le soutien de l’IUF et de l’UMR 8210 ANHIMA
 
Les femmes ont-elles attendu le XXe siècle pour être considérées comme des citoyennes et agir en tant que telles ? Que s’est-il passé avant le droit de suffrage qui pendant plus d’un siècle, réservé aux seuls hommes, a fait des femmes françaises des exclues de la politique ? L’accès à la citoyenneté a-t-il toujours été un révélateur de la division de sexe ? Ce numéro de CLIO interroge le concept de citoyenneté en soulignant sa polysémie à différentes époques et dans des contextes variés. Il invite à en reconsidérer les significations actuelles.
 
La Rencontre-débat sera animée par Pascale Barthélémy (ENS de Lyon, LARHRA) et Violaine Sebillotte Cuchet (Université Paris I – Panthéon Sorbonne, ANHIMA). Elle réunira :
Catherine Achin, politiste spécialiste des questions de genre et politique
(Université Paris Dauphine)
Vincent Azoulay, historien spécialiste du politique dans l’Antiquité grecque
(Université Paris Est – Marne la Vallée)
• Delphine Lacombe, sociologue spécialiste de l’expérience démocratique en Amérique latine (EHESS – MISHA, Strasbourg)
Guillaume Mazeau, historien de la Révolution française
(Université Paris I – Panthéon Sorbonne)
dans un dialogue avec l’ensemble des participant.e.s.
 
La rencontre sera clôturée à 19h par un cocktail.

Ressources numériques : l’Université d’État de Floride

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Le fonds sur la Révolution française et Napoléon de l’Université d’État de Floride comporte plus de 20 000 documents.

Au début des années 1960, le Département d’histoire a élargi son offre concernant cette période particulière de l’histoire en créant l’Institut Napoléon et la Révolution française.

La Florida State University, à travers le Département d’histoire et l’Institut, offre le seul programme d’études supérieures aux États-Unis consacré à l’étude historique de cette période.

Un travail de numérisation des documents a été entrepris et l’on peut déjà consulter en ligne et télécharger un certain nombre de matériaux (dont Le Moniteur).

capture-decran-2016-09-21-a-14-26-39capture-decran-2016-09-21-a-14-26-53«Complainte de Marie-Antoinette», extraite d’un cahiers de poésies rédigées par Lucile Duplessis, épouse de Camille Desmoulins.

 

 

«Il était deux fois la Révolution. “Madame Dubarry” (E. Lubitsch) et “Danton” (D. Buchowetzki)», par André Combes

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Je donne ci-dessous le début d’un article d’André Combes dans la revue Germanica (1989), à propos de deux films abordant la Révolution française.

On peut consulter l’intégralité du texte (et les notes de l’extrait reproduit) à cette adresse.

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Faire choix d’analyser Madame Dubarry (1919) et Danton (1921) pour fixer les contours de la vision qu’une certaine Allemagne a pu avoir de la Révolution française à un moment donné de son histoire, c’est, en bonne tradition, s’inscrire dans une idéo-chronologie de la réception. Mais c’est aussi mettre à profit la période historique pour confronter le discours des films à ce qui faisait l’événement des années 1918-1921 en Allemagne: cette «Révolution allemande» dont le devenir était alors violemment en débat.

Or, la conjoncture révolutionnaire en question apparaît tissée de théories et de pratiques dont la référence n’est plus, ou trés peu, la France des années 1789-1794 mais la Russie devenue U.R.S.S. depuis octobre 1917 : la force et l’ampleur du phénomène soviétique semblant alors avoir créé le seul site qui pût déterminer l’actualité de toute forme de révolution. C’est dire que le rapport de l’Allemagne de ce temps à la Révolution française ne se pose plus en termes d’acceptation ou de rejet d’un modèle sociopolitique qui, dans le premier cas de figure, aiderait par exemple à corriger les « aberrations » du «deutscher Sonderweg» et à faire, en quelque sorte, accéder l’Allemagne de l’« alliance du seigle et du fer » à la modernité républicaine.

Ajoutons que la référence à la France était d’autant moins de saison que le Traité de Versailles (signé en juin 1919 peu avant le tournage de Madame Dubarry) avait été ressenti par la quasi-totalité des Allemands comme un «Diktat» imposé en grande partie par le pays de Clemenceau. Tout ce qui touchait à l’image de celui-ci, et a fortiori cette Révolution qui avait dès l’origine divisé les Allemands, se trouvait donc largement investi d’affects négatifs.

Dans ce contexte, les discours favorables à la Révolution française voyaient leur projet frappé d’une incontestable obsolescence. Comme, par exemple, le Geist und tat d’H. Mann (1910) où l’on pouvait lire ces lignes programmatiques :

“… ce moment éternel qui a été payé de tant de sang, n’en projetait pas moins sur les siècles à venir, ce reflet féerique qui les rendait moins désolés. Il n’y a depuis qu’un seul but pour l’Humanité : se lancer à la poursuite de cet instant apparu par anticipation puis envolé, et le rattraper.

En 1918-1921, c’est un «moment éternel» bien plus récent que l’imaginaire d’une large frange intellectuelle rêve de faire revivre avec la même urgence et d’universaliser en «Weltenwende» voire en «Weltrevolution».

Mais en même temps, l’« impatience révolutionnaire » qui parcourt les débats décisifs de l’extrême-gauche, le désir de rupture généralisée avec l’ordre ancien de la monarchie impériale ou perçu comme faussement nouveau de la république parlementaire bourgeoise, semblent aller de pair avec le souci de ne pas occulter le bilan des révolutions du passé :

“Dans les révolutions bourgeoises, le sang versé, la terreur, le meurtre politique étaient une arme indispensable entre les mains des classes ascendantes. La révolution prolétarienne n’a pas besoin de la terreur pour atteindre ses buts, elle hait et abomine le meurtre.”

« Appropriation critique », aurait dit Lénine, qui, chez les zélateurs plus sceptiques des temps nouveaux, fait plutôt place à la critique de certaines «appropriations». Un texte plus tardif du même H. Mann sur la Révolution française, intitulé «Sinn und Idee der Revolution» (1919) donne la mesure des correctifs que la situation nouvelle imposait alors à la lecture de l’événement :

“La dictature, même des éléments les plus avancés demeure une dictature et elle finit par des catastrophes. L’abus du pouvoir présente partout le même visage de mort. Peu enclin aux interrogations inquiètes sur les «dérapages» du progressisme révolutionnaire, le camp adverse, lui aussi, avait modifié sa stratégie idéologique. Il ne faisait plus de la promotion des «idées de 1914 contre celles de 1789» la tâche prioritaire de l’heure. Comprenant que la modernité contre-révolutionnaire se mesurait davantage à l’aptitude à battre en brèche les «idées de 1917», il s’appliquait à mobiliser énergies intellectuelles et soutiens financiers grands industriels pour organiser la résistance, [s’]investissant par exemple dans cette «Ligue antibolchévique» fondée le 1er décembre 1918 par E. Stadler, qui en fut passagèrement le fer de lance.”

Face à cet affinement antagonique des idéologies, régnait dans de nombreux cercles de la bourgeoisie intellectuelle et artistique allemande un apolitisme conservateur étranger à la logique des camps. Il se nourrissait plus ou moins consciemment d’une tradition qui alliait la critique antidémocratique des Lumières à celle de son incarnation historique majeure: la Révolution française. Le Th. Mann des Considérations d’un apolitique (1918) et de l’Anthologie russe (1921) pouvait en figurer le modèle lui qui écrivait dans ses Gedanken im Kriege (1914) :

“La révolution bourgeoise au sens du radicalisme gaulois n’est-elle pas une impasse qui ne débouche sur rien d’autre que l’anarchie et la subversion destructrice, et qu’un peuple qui cherche des voies vers la liberté et la lumière doit s’estimer heureux d’avoir évitées ?”

Étayé par la large diffusion des thèses du Déclin de l’occident de Spengler (1918-1919), cet «apolitisme»-là semblait être l’idéologie spontanée d’artistes ordinairement peu préoccupés de prosélytisme et peu portés aux débats doctrinaux. Ainsi Max Reinhardt, mentor esthétique de Lubitsch et de Buchowetzki. Si son influence esthétique sur le théâtre et le cinéma de son temps fut, de l’avis général, immense, je retiendrai ici de ces instants où sa pratique artistique a pu côtoyer en toute innocence ou en toute quiétude les abords de la politique, qu’il avait mis en scène à Breslau en 1913 Ein Festpiel in deutschen Reimen, œuvre de commande due à la plume de G. Hauptmann avec lequel il devait cosigner un an plus tard le trés nationaliste et militariste Manifeste des 939. Conçu comme un spectacle à la gloire des «guerres de libération» de 1813, ce texte proposait une saynète d’ouverture sur la Révolution française qui mettait en scène les masses révolutionnaires sous un triple aspect qui était depuis des lustres un topos antirévolutionnaire largement répandu : anarchiques, sanglantes et bon enfant.

Il faut noter encore, qu’après avoir monté en 1916 au La Mort de Danton en 1916 au Deutsches Theater de Büchner dans le cadre d’un «cycle allemand», Reinhardt écrivait en 1917 que le «besoin profondément enraciné des masses» était d’avoir un maître et «qu’il n’y avait jamais rien eu de plus sanglant que le Comité de Salut public parisien». […]

Journée d’études à Nantes sur les femmes & le négoce dans les ports d’Europe ~ XVIe-XIXe siècles

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Capture d’écran 2016-09-06 à 10.39.14Capture d’écran 2016-09-06 à 10.39.31Pour une lecture plus confortable, téléchargez le programme ci-dessus au format pdf.

«La lutte des classes pendant la Révolution française», sur Radio Vosstanie, le 24 septembre

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Capture d’écran 2016-09-05 à 19.59.36

«LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA

RÉVOLUTION FRANÇAISE» (1e partie 1789)

 

 

LE 24 SEPTEMBRE À 20H

Bronislaw Baczko parti nulle part

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Capture d’écran 2016-09-04 à 23.53.25Bronislaw Baczko (13 juin 1924—29 août 2016)

J’apprends la nouvelle du décès, le 29 août dernier, de l’historien Bronislaw Baczko en même temps que la parution, en juillet, du Dictionnaire critique de l’utopie au temps des lumières (Georg éditeur) qu’il a codirigé, avec Michel Porret et François Rosset.

Capture d’écran 2016-09-04 à 23.39.11Ci-dessous un extrait de l’introduction du dictionnaire.

« Au mois Vendémiaire et jours suivants » de « l’an second de la République française, une et indivisible », soit au moment même où le calendrier révolutionnaire entrait en vigueur (6 octobre 1793), est joué au Théâtre de la République Le Jugement dernier des rois, une des pièces les plus connues de ce temps enfiévré. Sylvain Maréchal, son auteur, imagine que toute l’Europe est devenue républicaine et que, en vertu du jugement prononcé contre les rois par une assemblée des sans-culottes de tous pays, les souverains de son temps (avec le pape) sont exilés sur une île déserte, condamnés à s’entre-déchirer avant de disparaître dans l’éruption apocalyptique d’un volcan. Les sans-culottes, unis fraternellement aux sauvages des îles avoisinantes, savourent le spectacle à distance comme un feu d’artifice libérateur.

Dans cette œuvre emblématique d’une révolution que Maréchal se plaît à décréter sur tout le continent, c’est un renversement radical qui s’opère : alors qu’elle avait si longtemps accueilli les aspirations à un monde meilleur, les raisonnables projets de réformes comme les visions les plus hardies, l’île est maintenant juste bonne à abriter le royal rebut de l’humanité libérée. Un peu naïvement, certes, mais avec la conviction euphorique du citoyen de 1793, Maréchal figure le rapatriement sur le continent, dans les terres habitées par les hommes réels, des projections et des expériences qu’ils avaient dû confiner jusqu’ici dans les lointains insulaires. L’utopie n’est plus rêvée dans un ailleurs prudemment circonscrit, elle est réalisée au milieu de nous ; elle ne serait donc plus utopie.

Pourtant, malgré tous ses désirs, Maréchal n’a pas posé le point final à l’histoire de l’utopie qui n’a cessé, jusqu’à nos jours, de se réinventer. Mais son exemple nous rappelle que cette histoire, faite d’épisodes multiples qui se succèdent ou se côtoient sans toujours s’articuler, est marquée significativement par la rupture de la Révolution. Il n’est pas exagéré de dire qu’avec 1789 l’utopie change de statut, de finalités et peut-être même de nature. Dans le siècle qui précède cette date, elle s’est imposée dans le paysage littéraire comme un genre établi, non pas parce que c’est alors qu’il aurait été codifié (il l’est, pour ainsi dire, dès le prototype de Thomas More), mais parce que, avec la multiplication de ses avatars après Denis Vairasse et Gabriel de Foigny, il se décline en une infinité de variations par rapport à un modèle retravaillé sans cesse et néanmoins toujours reconnaissable.

La multiplicité et la diversité sont les traits distinctifs de l’utopie au temps des Lumières. C’est ce que révèle d’abord l’examen collectif des très nombreuses œuvres, des plus obscures aux plus illustres, qui nourrit le présent ouvrage. Avec, d’emblée, une heureuse surprise : loin de ressasser toujours les mêmes schémas et les mêmes astuces, selon le reproche si souvent adressé au genre, ces œuvres ne lassent pas. On évolue dans leur collection comme les visiteurs au musée de l’inventivité humaine, telle qu’a pu l’inspirer cette ère de prospective. Car la variété du corpus des utopies, formelle, thématique et même idéologique, n’est pas confuse. Elle tient dans un périmètre aux contours mobiles qu’ont tracés les hommes de ce temps sous l’impulsion des énergies réformistes qui les habitent. Entre enthousiasme et perplexité, ils ont répondu sur tous les registres aux invitations d’un monde toujours plus vaste et complexe dont ils ont revendiqué la maîtrise. De cet esprit prospectif, l’utopie est sans doute, au temps des Lumières, le champ d’expression et de représentation le plus symptomatique et le plus riche. Elle embrasse la science et les techniques, les mœurs, l’économie et la politique, la philosophie, les arts, les croyances. C’est toute la culture des Lumières qui trouve en elle le champ dont elle a besoin pour s’exposer dans son ampleur épistémologique.

À la fois modèle discursif et mode de penser, l’utopie de ce temps est donc bien trop différenciée pour qu’on puisse la saisir dans une définition satisfaisante. L’ensemble des essais réunis ici montre assez l’étendue des nuances et des perspectives différentes qu’il faut adopter, en les additionnant, si l’on veut se faire une idée à peu près juste de cet objet en œil de mouche. Les contemporains de Fontenelle, de Rousseau et de Condorcet ont eux-mêmes tourné autour de cette définition avec circonspection et leurs tentatives dans ce sens ne sont pas univoques.

Si le Dictionnaire de l’Académie française n’enregistre le mot «utopie» que dans sa quatrième édition de 1762 en évoquant notamment La République de Platon avec l’île de Thomas More, la cinquième édition (1798) du même abécédaire, après le choc révolutionnaire, définit ainsi le genre chimérique : « Utopie se dit en général d’un plan de Gouvernement imaginaire, où tout est parfaitement réglé pour le bonheur commun, comme dans le Pays fabuleux d’Utopie décrit dans un livre de Thomas Morus qui porte ce titre. Chaque rêveur imagine son Utopie. »

En aucun lieu ! Dérivé du néologisme latin « utopia », lui-même fondé sur des éléments grecs – « ou-topos », terre de nulle part ; « eu-topos », terre du bonheur –, le mot « utopie » désigne l’endroit improbable de la félicité humaine, soit la région imaginaire des cinquante-quatre magnifiques cités que brosse Thomas More avec De optimo reipublicae statudeque nova insula Utopia (1516), bien inspiré par La République de Platon, l’humanisme d’Érasme et les récits de la conquête du Nouveau-Monde qui élargissent l’esprit des Européens. En 1532, François Rabelais en fait un néologisme français dans Pantagruel (« un grand pays de l’Utopie »). Décapité publiquement le 6 juillet 1535 pour avoir contesté l’autorité du nouveau chef de l’Église anglicane Henri viii, qui récuse la prépondérance pontificale, More rêvait par écrit de « corriger des erreurs commises dans nos villes, nos pays, dans nos royaumes ». Ludique ou réformiste, spiritualiste ou matérialiste, chaque impulsion utopique est guidée par une exigence de justice ou de réparation d’injustice que conditionne l’imaginaire égalitaire.

Depuis la Renaissance, l’utopie narrative reste marquée par cette tradition du roman d’État sur une communauté humaine soumise aux tables de la loi comme ciment du contrat social. Le législateur-fondateur, parfois conquérant militaire de l’île des Utopiens, ne manque pas de la fortifier pour la protéger. La question philosophique du récit chimérique comme isolat du bien reste politique : comment imaginer un monde idéal, figé dans le présentisme de la perfection hors de l’Histoire, avec une législation tellement parfaite qu’elle oblige les Utopiens à renoncer aux libertés individuelles pour mieux vivre dans la transparence égalitaire de la cité idéale et du bonheur obligatoire sous l’autorité paternelle du souverain vertueux ?

Si « Utopie » signifie tout à la fois la cité du bonheur et celle située nulle part ou invariablement ailleurs, ce genre littéraire implique le dispositif narratif de l’éloignement et de l’acculturation anthropologiques que notre Dictionnaire critique illustre de façon parlante. Le voyageur-narrateur ne peut gagner la société idéale de la cité chimérique qu’au moyen d’une Odyssée initiatique qui parfois culmine dans un naufrage libérateur comparable à celui qu’éprouve Robinson Crusoé avant d’être le conquérant chrétien, l’exploiteur utilitariste et le législateur solitaire d’une île déserte. […]

 Ses deux collaborateurs ont publié une nécrologie de Baczko.

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Mémorial de la Marseillaise

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Capture d’écran 2016-08-28 à 19.41.20Le mémorial de la Marseillaise, rue Thubaneau, à Marseille (13001).

Capture d’écran 2016-08-28 à 19.45.54Quoique lyrique, cette évocation manque curieusement d’espaces…

Quant à «l’irrésistible marche triomphante de la France»… Passons !

L’invisibilité des femmes dans l’histoire

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Je reproduis ci-dessous un extrait d’un «billet d’humeur» publié  par une médiéviste sur son blogue Le Bureau d’Aspasie à propos de l’invisibilité des femmes dans les livres d’histoire qui sont à son programme. Je recommande évidemment sa lecture complète.

Sous réserve d’une étude comparative, ma première impression est que la situation est moins dramatique pour ce qui concerne le XVIIIe siècle, et singulièrement la Révolution française, au moins dans les publications récentes.

 

Billet d’humeur : quand les femmes disparaissent de l’histoire

J’ai décidé aujourd’hui de faire un article un peu particulier : au lieu de vous parler des reines au Moyen Âge, il me semble important d’évoquer ici un problème qui me tient à cœur depuis quelques semaines, celui de la représentation des femmes dans l’historiographie. Le rôle de l’historien-ne (ou apprentie historienne, dans mon cas) n’est pas seulement de décrire les sociétés du passé, mais aussi de s’interroger sur la manière dont on représente ces sociétés et sur ce que ces représentations disent de nous : ce travail d’autocritique me paraît essentiel, il permet de décrypter les présupposés qui viennent immanquablement brouiller notre vision des sociétés que nous étudions.

Le sujet qui m’intéresse aujourd’hui tient à la nature de mes lectures du moment : ayant terminé mon master de recherche en histoire médiévale, je me dois à présent de passer l’agrégation, qui est avec le CAPES l’un des concours de l’enseignement. Le programme est le suivant:

– le monde romain de -70 à 73,

– gouverner en islam du Xe au XVe siècle (Iraq, Syrie, Hijaz, Yémen, Égypte, Maghreb, al-Andalus),

– sciences, techniques, pouvoirs et sociétés du XVIe au XVIIIe siècle (Angleterre, France, Pays-Bas, péninsule italienne),

– le Moyen-Orient de 1876 à 1980,

– il y a aussi deux questions de géographie, une sur les mers et océans, une sur la France des marges, mais je n’en parlerai pas ici. […]

Je me suis donc lancée dans la lecture de divers manuels avec grand plaisir. Pourtant, au bout de quelques jours, quelle n’a pas été ma déconvenue en constatant que tous ces livres omettaient… la moitié de la population des sociétés étudiées. J’ai lu plusieurs centaines de pages et les noms de femmes que j’ai trouvés se comptent sur les doigts de la main. À titre d’exemple, en 275 pages, l’Histoire de la science moderne, de la Renaissance aux Lumières (Bruno Belhoste, Paris, 2016 – fort intéressant au demeurant) consacre un seul paragraphe, aux pages 232-233, à la place des femmes dans les sciences. Un. Seul. Paragraphe. En outre, la contribution d’Émilie du Châtelet, éminente mathématicienne et physicienne du XVIIIe siècle, n’est évoquée qu’en trois lignes ; les autres mentions d’Émilie du Châtelet, extrêmement rapides, se contentent de mentionner son lien avec Voltaire, dont l’œuvre est, elle, abondamment traitée.