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LA RÉVOLUTION FRANÇAISE EST EN PERMANENCE !

En juillet 1792, les sections parisiennes, où se mêlent citoyens «actifs» et «passifs» décident de siéger «en permanence», signe d’urgence et de détermination. L’Assemblée législative leur reconnaît ce droit le 25 juillet.

En octobre 1855, après l’expulsion de l’île de Jersey par le gouvernement anglais, de trois proscrits, Ribeyrolles, rédacteur de l’Homme, du colonel Pianciani et de Thomas, Victor Hugo (*) publie une protestation dans laquelle il affirme: «La Révolution française est en permanence». La formule est promise, l’adjectif national en moins, et la lutte des classes en plus (ce qui n’est pas peu), à un bel avenir marxien.

Je publierai sur ce blog des documents d’époque, des analyses et des «rapport d’étape» de mes recherches, notamment sur les clubs de femmes, créés dès 1789 et interdits à la fin de 1793.

Une rubrique recense les aventures (et mésaventures) de la démocratie directe, pendant la Révolution et de nos jours.

L’image en bandeau est une eau-forte anonyme (sans mention d’imprimeur), dont la légende (ou le titre) est explicite : «À Versailles, À Versailles, du 5 octobre 1789».

(*) À propos de Victor Hugo

Ayant quelque peu comblé mon insondable inculture, je ne peux faire autrement que mettre sous les yeux des lectrices et lecteurs un texte de Hugo où il évoque la Révolution, texte antérieur à la jolie formule ci-dessus reprise, qui montre qu’il l’a parfois curieusement mise en application pour lui même. 

On en trouvera l’intégralité en annexe de la réédition chez Libertalia du petit chef-d’œuvre de Paul Lafargue, La Légende de Victor Hugo, dont je ne saurais trop recommander la lecture, instructive et divertissante.

Profession de foi en vue des élections complémentaires du 4 juin 1848.

Dans la situation politique telle qu’elle est, on me demande toute ma pensée. La voici : deux républiques sont possibles.

L’une abattra le drapeau tricolore sous le dra­peau rouge, fera des gros sous avec la colonne, jettera bas la statue de Napoléon et dressera la statue de Marat, détruira l’Institut, l’École poly­technique et la Légion d’honneur, ajoutera à l’auguste devise : Liberté, Égalité, Fraternité, l’op­tion sinistre : ou la Mort ; fera banqueroute, ruinera les riches sans enrichir les pauvres, anéantira le crédit, qui est la fortune de tous, et le travail, qui est le pain de chacun, abolira la propriété et la famille, promènera des têtes sur des piques, rem­plira les prisons par le soupçon et les videra par le massacre, mettra l’Europe en feu et la civilisation en cendre, fera de la France la patrie des ténèbres, égorgera la liberté, étouffera les arts, décapitera la pensée, niera Dieu, remettra en mouvement ces deux machines fatales qui ne vont pas l’une sans l’autre, la planche aux assignats et la bascule de la guillotine; en un mot, fera froidement ce que les hommes de 93 ont fait ardemment, et, après l’horrible dans le grand que nos pères ont vu, nous montrera le monstrueux dans le petit.