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Méric Blog

Je donne ici, en hommage à Clément Méric, jeune militant libertaire et antifasciste, assassiné à Paris le 5 juin 2013 par des néo-nazis, des extraits d’un article paru sur le blog « Pensée radicale en construction ». L’auteur de l’article avait rencontré Clément dans le cadre d’une recherche sociologique sur les étudiants de Sciences Po.

La vision de l’histoire de Clément Méric se focalisait essentiellement sur des dynamiques profondes, en termes de rapports de classes et de capitalisme. La Révolution française, par exemple, est pour lui une révolution bourgeoise (y compris dans sa phase robespierriste), freinée par un important mouvement prolétarien en gestation, finalement écrasé. La répression du mouvement prolétarien aurait débouché ensuite sur l’hégémonie de classe de la bourgeoisie et sur la mise en place de la société industrielle-capitaliste en France.

La vision de l’histoire de Clément Méric s’inspire de celle de son maître à penser dans ce domaine, Daniel Guérin, figure de proue de l’anarcho-communisme marxien. Il venait d’ailleurs de finir La Révolution et nous du même auteur au moment de notre entretien. Un courant auquel se rattache sans aucun doute Clément Méric, ancien militant anarcho-syndicaliste à Brest (CNT), qui manie des concepts anarchistes comme des concepts marxiens (« bourgeoisie », « rapports de classe ») tout en restant profondément anarchiste. Les lectures de Clément Méric, d’un abrégé du Capital de Marx à Daniel Guérin en passant par Orwell, témoignent de son rattachement au courant anarchiste marxien. […]

Clément Méric explique qu’en dépit d’une certaine tolérance libérale, Sciences Po formate quand même ses étudiants. Il prend l’exemple de l’histoire de l’épisode révolutionnaire de 1789-1795 en 1 ere année, et explique qu’elle n’est “pas du tout impartiale”, puisqu’il n’y a “rien sur les sans-culottes et les mouvements populaires, à peine deux mots sur l’an II et l’an III, et pas un mot critique sur Napoléon”. Pour Jean-François Chanet*, Robespierre, “c’est ce qu’il y a de plus à gauche. Il ne dit rien sur les mouvements de gauche pré-prolétariens”.

 * Professeur d’histoire contemporaine à Science Po.

Couv Guérin Révo & nous