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Comme j’entendais bavarder des membres du personnel de la Bibliothèque nationale avec des lecteurs, sur le site de Tolbiac, je me suis mêlé à la conversation qui portait… sur « l’escalier ».

Naïvement influencé par la campagne publicitaire vantant la « nouvelle entrée à l’Est », je m’étais persuadé que l’actuel escalier, brocardé dans le présent blog il y a peu pour manque d’esprit et pléthore d’inconvénients, était de construction récente.

Or, si j’en crois l’information à moi communiqué par lesdits membres du personnel, il n’en est rien ! L’escalier serait d’origine. Il se trouvait jusqu’alors dissimulé par une cloison extérieure. Sa fonction était de permettre l’évacuation d’un grand nombre de personnes en cas, d’incendie, ou disons d’alerte à la bombe. D’où, probablement, sa largeur imposante.

Cet escalier est un escalier d’incendie.

Or, les salles de la bibliothèque (l’une accessible au public, l’autre réservée aux chercheur-e-s) se trouvant situées en contrebas de l’esplanade par laquelle on accède à l’ensemble, il faut conclure que cet escalier a été conçu pour être monté, et nullement descendu.

En réalité, jusqu’à l’inauguration de la nouvelle entrée, personne (à part les ouvriers, mais qui se soucie de ces gens ?) n’avait jamais emprunté ledit escalier dans le sens de la descente.

C’est ainsi que lors du premier (et sans doute prochain) décès dû à une chute dans cet escalier d’incendie hâtivement reconverti en escalier d’entrée dans la plus grande bibliothèque de la capitale de la France, le chef d’inculpation ne saurait plus être, comme nous l’avions estimé un peu vivement « homicide volontaire », mais de manière infiniment plus légère, pour ne pas dire insignifiante : « homicide par imprudence ».

N’est-ce pas là une perspective réconfortante au seuil de la nouvelle année ?