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Une inondation de grande ampleur a été constatée le dimanche 12 janvier 2014 sur le site de Tolbiac, à partir d’une canalisation d’eau destinée à alimenter le jardin intérieur, au niveau du dit rez-de-jardin, autrement dit l’étage réservé aux chercheur-e-s.

Ça n’est pas le premier dégât des eaux à Tolbiac. Un audit avait d’ailleurs été réalisé en septembre 2007. Comme l’indique le syndicat FSU, « l’état pour le moins préoccupant des conduites d’arrivée et d’évacuation des fluides avait été souligné à la fois par les représentants des organisations syndicales et plusieurs membres de l’administration. Des préconisations avaient été faites qui ne semblent pas avoir été suivies. »

L’inondation du 12 janvier est la pire de toutes celles constatées jusqu’ici. Une partie importante des collections du département « Littérature et Arts » ont été touchées.

La direction de la BN a fourni une première estimation, à confirmer, de 10 000 à 12 000 ouvrages. La FSU de son côté, interrogée par le site ActuaLitté, déclarait d’abord « table[r] plutôt sur 80 à 120 000 livres. » Mais je constate que cette information a été retirée du site Actualitté, probablement jugée à la réflexion trop pessimiste. On ne peut évidemment qu’espérer un bilan moins lourd que prévu, même si l’estimation basse de la direction reflète déjà une véritable catastrophe.

Ajoutons que toutes les microformes (films et microfiches) du département sont également incommunicables.

 On peut consulter la liste des cotes concernées sur la page d’accueil de la BN.

La FSU communique :

Cette nouvelle inondation survient dans un contexte particulier où la Bibliothèque nationale de France, privée d’une partie croissante de la subvention qu’elle reçoit du Ministère de la Culture, est contrainte par Madame FILIPPETTI à la récession de l’effectif et des moyens dont elle dispose, et délibérément livrée aux intérêts privés. Compte-tenu de la gravité de la situation et de l’atteinte exceptionnelle à l’intégrité du patrimoine national résultant de l’inondation, la FSU s’adressera rapidement au Président RACINE et au ministère de la Culture pour demander qu’une enquête administrative soit diligentée.

Ajout du 16 janvier : De son côté la CGT de la BN insiste dans un texte que l’on peut lire intégralement ici, le malaise d’une direction «fébrile» et peu encline à la transparence :

Une direction fébrile : la direction de l’établissement ne brille pas par la transparence des informations qu’elle délivre sur le sujet.
Celle-ci, prise de court par l’importance du sinistre, minimise les dégâts en délivrant des informations en deçà de la réalité et en imposant le silence à tout agent qui communiquerait sur ce sujet via les réseaux sociaux.
Selon les chiffres donnés au CHSCT exceptionnel du mardi 14 janvier 2013, la canalisation en PVC qui s’est rompue a déversé 25 m3 sur quatre niveaux de magasins dont il a fallu extraire 840 mètres linéaires de collections ce qui correspondrait à plus de 35 000 ouvrages. Dès lors, on peut s’interroger sur le chiffre de 10 000 ouvrages détériorés avancé par la direction.