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C’est aujourd’hui 27 juillet 2014 que devait être programmé dans le parc du château de Vizille, pour la sixième représentation, un spectacle intituléLes femmes dans la Révolution, mis en scène par Jean-Vincent Brisa.

 

Le texte de Jean-Vincent Brisa est, nous dit-on, un collage de ceux d’Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt, Etta Palm d’Aelders, Madame Roland, Pauline Léon, etc.

 

Le service de presse du musée de la Révolution ayant ignoré ma demande de renseignements, j’ai renoncé à signaler ce spectacle plus tôt. Je ne saurais dire davantage quel texte de Pauline Léon M. Brisa a utilisé, et comment. Je dois me contenter de la courte annonce ci-dessous, recopiée sur son site (encore faut-il l’atteindre ; dans la rubrique « Action éducative », il est simplement indiqué : « Cette [sic] agenda est expiré »).

 

Une collaboration des Tréteaux de lumières et de la compagnie En Scène et ailleurs.

Le spectacle est une autre façon de raconter la Révolution. Ce ne sont plus les éternels protagonistes masculins qui seront les héros mais les femmes qui ont été présentes dans tous les grands événements pour ne pas dire qu’elles ont été la raison d’être de tous ces grands événements. Femme de lettres, Olympe de Gouges est la première à instituer les sociétés de femmes. Elle est guillotinée en 1793. Théroigne de Méricourt est également une des figures féminines les plus radicales de l’époque. Elle se bat pour le droit de vote des femmes et pour une armée de femmes.

Bien d’autres femmes lutteront contre l’orgueil et l’injustice des hommes qui assujettissent la femme à un rôle de mère au foyer et d’épouse au service de l’homme. C’est ce combat et cette autre façon de concevoir la Révolution française que retracera le spectacle.

 

Le fait qu’Olympe de Gouges ait, la première, « institué » un ou des groupes de femmes, est une invention (ou plus précisément une sottise recopiée).

Si le souci de mettre l’accent sur le rôle des femmes est louable, il est vain de réinstaurer une hiérarchie d’héroïnes, surtout si c’est pour se tromper dans la distribution des rôles.

Quant à la volonté « éducative » du Musée de la Révolution de Vizille, elle trouve là une bien fâcheuse illustration.

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(*) Je me rends à l’argument d’une lectrice qui me fait remarquer que «surestimée» est plus exact qu’«illégitime», adjectif que j’avais d’abord retenu.