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En prélude au colloque « Vertu & politique » qu’organise la Société des études robespierristes à partir de jeudi prochain, je relève la citation suivante dans un manuscrit de Robespierre (AN : F/7/4436/1).

Il y a trois sortes d’infamies sur la terre avec lesquelles la vertu ne peut jamais composer. La première est d’être roi la seconde d’être assujetti la troisième de quitter les armes s’il y a quelque part un esclave et un maître.

Si Robespierre était tout entier dans ces deux phrases. Sans l’élimination, y compris physique de celles et ceux qui le gênaient (croyait-il ! l’aveugle) sur sa gauche, sans l’interdiction des clubs de femmes, sans… On me verrait farouche robespierriste. Loin s’en faut, mais je relis avec émotion et admiration de telles fulgurances, où le style dit l’envergure d’une énergie.

C’est Saint-Just qui utilisa les notes de Robespierre pour rédiger un discours, qu’il prononça.

Saint-Just écrit « moderne » ; il a le sens de la formule, presque du slogan, il met la ponctuation. …Et il supprime « assujetti » !

Bon élève, piètre émule :

« Il y a trois sortes d’infamies sur la terre, avec lesquelles la vertu républicaine ne peut point composer : la première, ce sont les rois ; la seconde, c’est de leur obéir ; la troisième, c’est de poser les armes s’il existe quelque part un maître et un esclave. »

Œuvres complètes, (Éd. Ivrea, 2003, p. 410.)

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Tampon. Mai 1794.