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Je signale un article d’Alessandra Doria, intitulé « Gertrude Verne ou le parcours d’une militante jacobine niçoise », dont voici le résumé :

Cette étude analyse, d’un point de microhistoire, les formes d’engagement politique dans la Révolution, d’une jacobine niçoise. À partir du dossier judiciaire contre elle et des lettres qu’elle fait écrire pendant son emprisonnement, cette étude entend illustrer les spécificités de genre de l’engagement politique révolutionnaire dans les classes populaires. Elle montre que les pratiques révolutionnaires féminines suivaient des spécificités de genre qui déclenchèrent la répression politique après 1794.

Cet article fait partie d’un volume passionnant publié sous la direction de Cyril Belmonte et Christine Peyrard. Il est publié dans la collection « Le temps de l’histoire » aux Presses universitaires de Provence, sous le titre Peuples en Révolution d’aujourd’hui à 1789 (232 p., 20 €).

On y trouve également des articles de Hervé Leuwers, Danièle Pingué et Malcolm Crook, etc. (voir sommaire complet ci-après).

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Dans l’extrait ci-dessous, comme d’habitude ici, les notes sont omises. On se reportera à l’original.

Nota. L’* signale l’emplacement dans l’article d’A. Doria de la mention « nos italiques »… dans un passage dépourvu d’italiques. Occasion minuscule, mais dont l’accumulation a de quoi agacer, de remarquer le peu de soin apporté à la correction des ouvrages universitaires. Je devrais dire : à la relecture. Il n’y a pas de correction.

Gertrude Verne, militante jacobine, sera emprisonnée du 9 thermidor au 18 fructidor de l’an III (27 juillet au 4 septembre 1795). Je laisse la plume à Alessandra Doria :

Une pétition du 16 thermidor de l’an III [3 août 1795], signée par des anciens membres de la société populaire, du comité de surveillance et de militaires, au total quinze hommes qui demandent son élargissement confirme par ailleurs que l’apprentissage démocratique de cette femme repose sur la manifestation publique de ses opinions. Ils écrivent :

“[…] La pétition que nous vous presentons au sujet de la citoyenne […] que les ennemis de la cause publique, ou pour mieux dire des Royalistes ont fait mettre en prison […] la faisant passer pour therroriste. Le malheur de cette femme envers ces mal intentionnés est que depuis que les français ont entré dans Nice, elle a toujours donné des preuves du plus pur patriotisme, si c’est un crime d’etre patriote nous sommes tous compromis. Citoyens représentants, nous connaissons ses sentiments, nous l’avons vue en Public dire sa façon de penser* toujours pour le bien de la chose. C’est elle qui a plus fait qu’aucun autre Niçard. Voilà pourquoi on y en veut. […] Ils furent à désirer que tous les Niçards fussent comme elle.”

Cette pétition, qui témoigne de la valeur politique de l’engagement publique de Gertrude Verne en lui reconnaissant une place fondamentale dans la diffusion des idées révolutionnaires à Nice, prouve l’importance de la prise de parole publique dans les pratiques politiques de construction de l’opinion favorable à la Révolution.

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PS. Je remercie Patrick Bobulesco, de la librairie «Le Point du jour» (58, rue Gay-Lussac à Paris) de m’avoir signalé cet article et partant l’ouvrage collectif où il figure, dont la recension sur le site Révolution française m’avait échappé. (Vous voulez vous-aussi un très bon libraire ? Adoptez celui-là.)