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On a insisté, à juste titre, sur l’importance de la participation des femmes aux cérémonies publiques et fêtes diverses pendant la Révolution.

C’est à la fois, sur le moment, une occasion pour elles de se manifester et d’expérimenter des pratiques politiques (désigner une porte-parole, écrire un discours, etc.) et pour nous un signe de l’existence de ces processus de politisation féminine collective.

En 1798, la fête est vraiment finie, comme le fait savoir le directeur Reubell.

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Du 24 messidor, an 6 [12 juillet 1798]

Le Président du Directoire exécutif [Reubell] aux présidents des deux conseils.

Citoyens représentants

Comme il pourrait se faire que des membres du corps législatif désirassent être témoins de la fête de l’anniversaire du 14 juillet, qui sera célébrée au Champ de Mars, le 26 de ce mois, entre 4 et 5 heures du soir, je crois devoir vous prevenir que le Directoire exécutif a fait préparer pour eux un local sur le tertre qui environne l’autel de la patrie ; ils seront introduits, en se présentant avec leur medaille, à la grille de la maison du champ de Mars du côté du boulevard, et il [sic] se rendront en traversant la cour de cette maison, au local dont il s’agit.

Je dois vous observer que la nécessité de maintenir le bon Ordre dans la fète exige qu’il soit donné des consignes pour qu’aucune femme absolument aucune, autres que celles attachées au conservatoire de Musique, ne soit admise dans l’enceinte destinées à la cérémonie. Je vous prie, citoyen Président, de vouloir bien communiquer cet avis aux inspecteurs de la salle du conseil que vous présidez, pour qu’ils puissent le faire connoitre a vos collègues.

Par le Président du Directoire exécutif.

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Archives nationales : MIC/AF/III/28, p. 193.

Sur Reubell, voir le long article de J.-R. Suratteau dans le Dictionnaire historique de la Révolution française, dirigé par Albert Soboul.