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Capture d’écran 2015-07-19 à 14.27.37L’ouvrage de Gaïd Andro, Les Procureurs généraux syndics de la Révolution, qui a obtenu le prix Albert Mathiez, est disponible en souscription, avant sa diffusion en librairies en septembre prochain. Il est édité par la Société des études robespierristes.

Gaïd Andro, agrégée et docteure en histoire, est enseignante dans le secondaire et chargée de cours à l’université de Rennes II.

La littérature et l’historiographie ont souvent été promptes à brocarder la bureaucratie administrative du premier 19e siècle, sa médiocrité, sa servilité et surtout son arbitraire impersonnel. Lorsque l’on replace cette administration dans son contexte historique, une question s’impose alors : qu’est devenue l’administration révolutionnaire de 1790 ? Comment s’est transformée la figure idéale du magistrat vertueux, élu et reconnu par ses concitoyens comme le dépositaire légitime de la confiance publique ? Renoncement collectif, pragmatisme politique ou échec du projet révolutionnaire, force est de constater qu’en 1830, l’idéal de la régénération administrative fondée sur le contrat social et sur la convergence entre intérêt local et intérêt général a fait long feu. Pour étudier cette évolution et en comprendre les mécanismes, l’analyse doit s’envisager sur le moyen terme de part et d’autre de la rupture révolutionnaire. L’objet de cet ouvrage est donc de suivre une même génération d’administrateurs ayant occupé une fonction essentielle au sein de la pyramide gouvernementale de 1790 : les procureurs généraux syndics de département. Cette institution, unique dans l’histoire de l’État français, représente la tentative originale d’un exécutif local élu par les administrés et non nommé par le pouvoir central. L’observation de la vie et de la carrière des 197 procureurs généraux syndics permet d’interroger conjointement le projet révolutionnaire en termes de pensée constitutionnelle et son inévitable confrontation au processus de la radicalisation politique. Par ailleurs, la démarche prosopographique permet de collaborer à une histoire sociale du politique qui questionne le moment matriciel de la Révolution française. Elle incite également à souligner la construction simultanée et contradictoire d’un roman national de la centralisation politique «à la française» et d’une éthique administrative liée à l’héritage révolutionnaire de la fédération des territoires.

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