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Comme on sait, la pique est durant la Révolution l’arme emblématique des sans-culottes, y compris des militantes sans-culottes. Les femmes réclament des piques, s’en procurent et participent aux « journées » révolutionnaires en les arborant. Claire Lacombe, figure de la Société des citoyennes républicaines révolutionnaires en possédait plusieurs à son domicile. La présence de cet arsenal, constaté lors d’une perquisition, ne fut pas retenu contre elle.

La pique est aussi une arme de guerre, dont l’emploi est justifié par des arguments techniques, que l’on peut juger rassurants ou non.

Ici dans l’hebdomadaire La Feuille villageoise [1] qui explique que la portée du fusil étant de 60 toises ou 180 pas de 2 pieds, une troupe au pas de charge faisant 120 pas la minute, le soldat exercé ne tirant par minute que 3 coups :

Par conséquent un bataillon de piquiers ne risque que quatre coups de fusils dans le tems de sa marche. Hé ! quel françois refuseroit d’assurer la victoire au prix d’un si foible danger.

Le visionnage de la courte vidéo ci-après permet d’abord de constater que la pique est toujours employée — ici en Équateur, en août 2015 — par des militants amérindiens Achuar et Shuar[2] contre les forces de police, et aussi de se faire une idée très précise des piques révolutionnaires, la pointe de celles que l’on voit maniées ici ressemblant beaucoup à celles des piques conservées dans certains musées.

On observera que les piquiers utilisent, dans cette escarmouche au moins, le plat de la pique plutôt que sa pointe. L’effet est néanmoins très convaincant.

https://www.youtube.com/watch?v=ZHlnyyDMs_c

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[1] N° 50, du 13 septembre 1792, p. 579.

[2] Ils récusent l’ancienne dénomination espagnole de « Jivaros ».