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Le journaliste Thierry Wolton apporte à l’érudition universelle deux pavés de pas moins de 1 136 pages chacun: Une histoire mondiale du communisme; t. 1 Les Bourreaux; t. 2 Les Victimes (Grasset).

On devine tout de suite, au choix des titres des deux premiers tomes (un troisième à suivre: Les Complices, pas mal non plus), la méthode scientifique et historienne suivie par l’auteur (qui, il est vrai, récuse et l’idée d’objectivité et le titre d’historien).

On peut la résumer par «Feu sur le spectre!».

Rien à voir avec le dernier James Bond, il s’agit bien du spectre (sans majuscule) qui hante l’Europe et le monde.

Par cette monumentale entreprise, M. Wolton a largement mérité de figurer dans notre rubrique «Bêtisier».

Je reconnais que, la vie pouvant être fort courte, comme me le répète souvent mon hématologue, je n’ai pas l’intention de dépouiller les 2 272 pages de l’opus woltonien. En revanche, j’ai lu avec intérêt l’entretien qu’il a accordé au magazine Télérama. J’en extrais à votre intention deux phrases qui me paraissent situer assez clairement l’étiage intellectuel de l’entreprise.

La postérité théorique d’André Glucksmann est assurée.

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Le ver était dans le fruit et regardait Caïn…

Je pense au contraire que le ver était dans le fruit de l’idéologie elle-même. La phrase du Manifeste du parti communiste, de Marx et Engels (1848), “L’histoire de toute société jusqu’à nos jours, c’est l’histoire de la lutte des classes” est criminelle; car si les auteurs ne sont pas directement responsables, on a sacrifié, au nom de cette lutte, des millions de personnes.

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