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L’article de Lora Leontaridou dont je donne ci-dessous les deux premiers alinéas a été publié dans Relief, revue électronique de littérature française, sur le site de laquelle il est librement téléchargeable, comme ici.

Lors du débat public sur les droits des femmes après la Révolution, une séquence mythique semble récurrente dans les réécritures des tragédies de l’époque. L’émergence est-elle fortuite ou liée au débat politique de l’époque ? L’article examine le mythe, les tragédies modernes ainsi qu’un certain nombre de textes relatifs au débat sur les droits des femmes.

La condition des femmes dans le monde antique, inférieure à celle de l’homme était souvent circonscrite par la culpabilité. La démocratie athénienne n’a pas réservé aux femmes une place plus enviable, tout au contraire (Flaceliere, 1959). La culpabilisation de la communauté féminine par plusieurs mythes antiques ne serait pas sans corrélation avec l’exclusion des femmes du pouvoir politique (Loraux, 1999). Selon Nicole Loraux, ce processus de culpabilisation à l’œuvre dans la tragédie grecque serait exprimé subrepticement par la métaphore du rossignol, récurrente au moment des lamentations féminines. L’assimilation de la plainte féminine au chant du rossignol véhiculerait de façon sous-jacente un soupçon de culpabilité fondamentale et archaïque, rappelant que toute femme serait en quelque sorte responsable de son malheur.