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Le tout récent site de la Société des études robespierristes publie un article de l’historien Paul Chopelin, intitulé «Quel destin pour les ossements des charniers du Mans ?».

Il traite de la querelle historique et politique qui fait rage depuis la découverte, au milieu des années 2000, de charniers datant de la Révolution.

On lira, sur le même sujet et sur le même site, une déclaration d’historien(ne)s spécialistes de la Révolution.

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Qui visite le musée de la Reine-Bérengère, dans la vieille ville du Mans, peut admirer le grand tableau de Jean Sorieul (1823-1871), La bataille du Mans, l’une des plus célèbres représentations picturales des guerres de Vendée. Exposée au Salon de 1852 et saluée par la critique, cette composition met en scène les violents combats de rue dont la cité cénomane fut le théâtre les 12 et 13 décembre 1793. L’artiste y glorifie le comportement supposé chevaleresque de l’armée républicaine : le général Marceau protège Mademoiselle des Melliers, le lieutenant-colonel Vidal sauve d’Autichamp en le revêtant de son uniforme, tandis qu’un soldat empêche une habitante du Mans d’achever un blessé vendéen. En 1886, Arsène Launay publie un recueil de lettres et de rapports de Jean-Claude Benaben, commissaire civil du département de Maine-et-Loire auprès de l’armée républicaine. Celui-ci offre une tout autre vision de la bataille, faite de pillages et de massacres commis par des troupes bien décidées à « exterminer » les « brigands ».

Ces deux versions de l’histoire témoignent de l’affrontement mémoriel qui oppose historiens « bleus » et historiens « blancs ». Chacun brandit des témoignages à l’appui de sa vision de l’histoire, chaque camp accusant l’autre de falsification. En attendant une véritable expertise scientifique globale des sources écrites des guerres de Vendée, l’étude des vestiges matériels des combats, enfouis dans le sol, permet de compléter notre documentation et de contribuer au renouvellement historiographique du sujet.