Mots-clefs

, , , , , , ,

C’est dans le livre de Maurice Rajfus 1953, un 14 juillet sanglant, publié en 2003 aux défuntes Éditions Agnès Viénot (avec la collaboration d’Hervé Delouche) que j’ai appris qu’entre 1936 et 1953, une manifestation ouvrière se tenait chaque 14 juillet pour célébrer les origines révolutionnaires de la République.

Ce 14 juillet 1953, la police tire sur les manifestants algériens du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) de Messali Hadj, placés en fin de cortège.

Sept manifestants sont tués.

Le livre de M. Rajfus n’ayant pas trouvé de nouvel éditeur, c’est Daniel Kupferstein, déjà réalisateur d’un documentaire passionnant (dont sont extraites les photos ici reproduites), qui vient de publier à La Découverte, sous le même titre que le film, Les balles du 14 juillet 1953.

Le massacre mettra fin à la tradition des manifestations du 14 juillet.

Cette année 2017, les organisations et individu(e)s regroupés sous le sigle de «Front social» renouent heureusement avec ladite tradition en appelant, contre le libéral-monarchiste Macron et ses ordonnances, à se réunir à 14h place de Clichy

Avant d’avoir lu le livre de Rajfus, je ne comprenais pas pourquoi le 14 juillet, anniversaire d’une émeute fondatrice (certes arbitrairement choisie, mais qu’importe!) soit abandonné au défilé militaire et aux bals des pompiers.

La manifestation du 14 juillet prochain me paraît une bonne occasion de refaire de ce jour de l’année un jour de célébration des luttes. Et de leurs martyrs.

Message particulier à l’intention de Jean-Luc Mélenchon: le 14! pas le 12 juillet, M. le soi-disant passionné d’histoire.

Extrait du tract d’appel du MTLD.

Les manifestants ne se laissent pas assassiner sans réagir.