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Le Point est un magazine pour les crétins (des deux sexes). Il n’y a jamais rien à lire dedans. Il sert aux abonnés et aux acheteurs d’occasion à donner l’illusion qu’ils savent lire et que leur standing leur autorise un «hebdomadaire préféré».

Le Point est un organe de droite molle qui vend à son public des thèmes idéologiques de la droite dure.

Fidèle à une longue tradition droitière française, mais sans le talent d’un Maurras, Le Point crache sur les Lumières (d’où vient la paresse des fonctionnaires) et la Révolution française (d’où viennent – entre autres – l’Emprunt russe, les limitations de vitesse et la franc-maçonnerie).

Le Point a sorti – le 10 août (à vos éphémérides!) – un numéro dont la une s’orne d’un portrait de Robespierre et d’un gros titre : «Secrets, tabous, épisodes oubliés. Les fantômes de la Révolution française».

L’un des titres en plus petits caractères mérite un prix de la malhonnêteté absurde: «De Robespierre à Mélenchon, une histoire de la violence politique».

On a beau ne porter dans son cœur aucun des deux personnages cités, cela ne signifie strictement rien.

Pour peu que l’on sélectionne drastiquement les mots à sa disposition, et qu’on le sous-alimente pendant un mois, n’importe quel chimpanzé peut composer un titre de ce genre.

Vingt-quatre pages de «dossier», salmigondis de clichés, de bondieuseries et d’erreurs historiques.

Je vais au plus court, mon regard attiré par une brève (p. 57), signée de M. François-Guillaume Lorrain: «L’héroïne de Mélenchon».

Figurez-vous – heureux hasard! – que cette expression stupide désigne Pauline Léon, à propos de laquelle M. Mélenchon lui-même (voir le lien à ce nom) ne se prive pas de raconter n’importe quoi quand la fantaisie l’en prend.

Cette brève compte trois phrases.

La troisième commence par cette affirmation concernant les Républicaines révolutionnaires, qui a le double mérite de la concision et de l’originalité: «Refusant le port obligatoire de la cocarde…»

Comment M. Lorrain pourrait-il imaginer que c’est exactement le contraire!…

On ne peut pas inventer les faits historiques comme les bruits de couloir de l’Assemblée nationale. Mais M. Lorrain l’ignore.

Ou bien il a mal entendu, ou mal lu.

Qu’importe! puisque c’est le titre qui compte, qui associe une militante réclamant pour les femmes, en 1792-1793, le droit de porter les armes à M. Mélenchon, que les lecteurs du Point doivent imaginer occupé à construire une guillotine dans son garage…

Les journalistes du Point semblent craindre pour leur liberté de manœuvre en cas de prochaine révolution…

Pour une fois, les voilà bien renseignés! Je confirme.

Note.

Les Républicaines révolutionnaires sont de farouches partisanes du port de la cocarde, puis du bonnet rouge, ce qui fournira d’ailleurs l’occasion d’une provocation montée contre elles avec l’aide de «dames de la halle».