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Je donne un extrait d’un court et passionnant article de Charlotte Fuchs.

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Rites festifs et condamnation de la discorde conjugale dans les textes de la Renaissance

La lecture des canards sanglants révèle que la communauté se chargeait bien souvent de punir les époux qui échangeaient leurs rôles respectifs. Il faut dire que ces derniers, en détruisant les fondements du mariage, remettaient symboliquement en cause l’ordre social et moral. Ainsi, le canard publié en 1634 et intitulé Les cruautez inhumaine d’une femme de Paris relate le cas d’une épouse qui, prise de furie, émascula son mari. La communauté fit alors subir aux conjoints un châtiment symbolique : chacun fut condamné à porter les vêtements de l’autre. Les femmes du village infligèrent également au mari des coups de verges : « Un nombre de bons compagnons […] porterent, sçavoir au mary une quenoüille, & à la femme un haut de chausses ».

Certains auteurs de la querelle ont disserté sur les origines de ce type de rites. Guillaume Bouchet y fait mention à la fin du XVIe siècle dans ses Sérées : « À Catalogne le mary cocu paye au Fisque un certain tribut : en un autre païs, il est mené par toute la ville sur un asne avec sa femme ». Les racines antiques de la promenade sur l’âne des maris cocus sont aussi longuement développées dans le chapitre III de L’Origine des masques, mommerie, bernez et revennez ès jours gras (1609). L’auteur y souligne que la punition du mari battu rejaillit également sur son entourage : « Au mesme temps est le voisin de c’est homme battu par la femme conduict sur un Asne a rebours & mené triumphant par une trouppe folastre desguisee de masques hideux ».

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«Le Monde renversé». Image Pellerin (Épinal).