Mots-clefs

, ,

Vraie question pour une politicienne, qui peut rêver d’une fin de carrière et de vie moins méprisée, et méprisable.

Or que savons-nous?

La Mairie de Paris veut chasser, au printemps prochain, la Bibliothèque Marguerite Durand de son adresse actuelle (79, rue Nationale, Paris XIIIe) où elle partage les locaux d’une médiathèque, pour la fondre dans la Bibliothèque historique de la ville de Paris (BHVP).

Le pauvre prétexte est qu’il se trouve déjà des documents concernant l’histoire des femmes à la BHVP!

Or il y en a aussi à la Bibliothèque nationale…

Il y en a même chez moi, que j’ai prévu d’offrir à Marguerite Durand après rédaction de mon livre sur les clubs de femmes pendant la Révolution.

La BHVP, comme beaucoup de bibliothèques se trouve déjà à l’étroit dans ses murs. Tellement à l’étroit, que le «projet» Hidalgo prévoit d’entreposer les documents de la BMD dans des locaux extérieurs (on ignore lesquels!). Ce que l’on sait, c’est que la mise à disposition des documents serait décalée. Autrement dit: je commande le mardi, les documents arrivent le mercredi ou le jeudi.

Quant au personnel spécialisé, il serait lui-aussi «fondu» dans celui de la BHVP. Comprenez qu’il sera réduit drastiquement, tandis que le nouveau fonds théoriquement à disposition sera à l’origine d’un surcroît de travail pour des magasiniers dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne sont pas partisans du stakhanovisme (Qui le serait à leur place d’ailleurs? On les préférerait simplement en grève, victorieuse de préférence, une bonne fois!)

Les usagers de l’ancien service public du fer connaissent bien cette méthode de gestion/sabotage: d’abord on réduit le nombre des trains qui marquent l’arrêt; ensuite on constate – comme c’est bizarre ! – que le chiffre d’affaire du guichet est en chute libre; ensuite on ferme le guichet, puis la gare! Il reste deux trains le matin (très tôt) et deux en fin de journée, et une machine automatique jamais réparée.

Le «projet» Hidalgo ne peut avoir qu’une conséquence pratique: la mort de la Bibliothèque Marguerite Durand et l’impossibilité d’accéder aux richesses qu’elle conserve.

Il se dit, dans certains milieux que je fréquente, que Mme Hidalgo a manifesté son regret que n’existe pas à Paris une bibliothèque ou un centre de documentation consacré à l’anarchisme… Elle aurait incité des personnes concernées à lui soumettre des propositions, qu’elle accueillerait avec bienveillance.

Je ne suis pas en train de dire que je préfèrerais que Mme Hidalgo se souvienne qu’elle est une femme avant de songer à son origine espagnole, je constate simplement l’incohérence scientifique et politique de sa démarche.

La seule manière de conclure ce lamentable épisode antiféministe et anticulturel est, pour la Mairie, de proposer de nouveaux locaux à la BMD (qui peuvent être dans des bâtiments anciens).

C’est une occasion exceptionnelle de permettre à cette remarquable bibliothèque de recherche sur l’histoire des femmes d’acquérir une nouvelle visibilité nationale et internationale, de redéployer ses collections dans un cadre à sa mesure, d’attirer de nouveaux dons, et de multiplier ses activités pédagogiques.

Tout le monde se moque de savoir si Mme Hidalgo est assez intelligente pour comprendre que c’est aussi son intérêt bien compris ou si elle accomplira cette action utile les yeux dessillés, et avec un sincère enthousiasme…

C’est ça, Mme Hidalgo, ou être la risée des chercheurs et chercheuses du monde entier, et ne plus pouvoir vous montrer en public sans quolibets et boules puantes.

Marguerite Durand, qui légua ses archives à la Ville de Paris à condition qu’elles soient mises à disposition dans une bibliothèque publique (initialement hébergée dans la mairie du Ve arrondissement).

________________

Un collectif de soutien « Sauvons la BMD ! » lancé par l’association Archives du féminisme s’est constitué pour que la Mairie de Paris propose un lieu d’accueil offrant à la bibliothèque Marguerite Durand une véritable visibilité et des conditions de fonctionnement dignes.

Si vous souhaitez soutenir ce collectif, vous pouvez

  • vous abonner au compte Twitter @CollectifBMD
  • vous abonner à la page facebook.
  • vous abonner sur instagram.
  • signer et faire signer la nouvelle pétition.
  • participer le 18 novembre à un rassemblement féministe devant la BMD (bientôt plus d’explications sur le blog que nous créons)
  • nous aider à contacter associations et organisations qui soutiendront officiellement le Collectif Sauvons la BMD !
  • préparer un 8 mars 2018 sous la signe de la préservation de la mémoire féministe.

Contact par mail : collectif.sauvonslaBMD@gmail.com