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Souvenez-vous des travaux de la nouvelle Bibliothèque nationale, à Tolbiac. Un imbécile avait proposé de séparer les livres “essentiels” des livres de poche, qu’on aurait pu entreposer ailleurs, plus loin, là où il y a de la place. Il fallut expliquer à l’ignorant que les livres de poche (et les catalogues d’entreprise, et les bulletins paroissiaux, etc.) ont un égal intérêt aux yeux des chercheurs & chercheuses.

À chaque fois que des bureaucrates gestionnaires espèrent gagner du temps, de la place ou de l’argent, les mêmes stupidités reviennent à la surface. C’est ainsi qu’un projet du ministère de la Culture envisage de ne conserver à l’avenir que les “archives essentielles”, non définies bien sûr.

Or – tous les travailleurs et travailleuses intellectuel·le·s le savent – une catégorie de documents qui paraissent dérisoires aujourd’hui peuvent être dans 20 ou 100 ans à l’origine d’une lecture révolutionnaire de tel phénomène social, de tel sujet de recherche. Et c’est évidemment imprévisible ! Donc, oui, il faut tout garder. On n’a que trop détruit dans le passé d’archives irremplaçables.

Je reproduis ci-dessous une copie d’un extrait du document du ministère et la réaction (maladroitement présentée, à mon sens) de l’Association des archivistes français.

La flèche ne figure pas dans le document original. Elle indique le «risque» signalé par les rédacteurs du rapport: «Mobilisation des historiens. Risque social en interne». C’est le moins, en effet!