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Un récent message des éditions Libertalia sur Twitter m’a remis en mémoire une appropriation marchande dont j’avais l’intention de dire deux mots ici.

« Commune de Paris 1871 » est une marque créée en 2009 par de vieux jeunes gens qui se targuent d’avoir été grapheurs, et dont Libertalia a rencontré l’une des productions au magasin Le Printemps (le tee-shirt ci dessous) ; c’est aussi depuis deux ans une boutique parisienne (19, rue Commines, Paris IIIe).

Qu’y trouve-t-on ? Des vêtements, des accessoires de mode, une broche frappée du A cerclé des anarchistes brodé en fil d’or (35 € il ya deux ans), un mug vieilli réunissant Louise Michel et Gustave Courbet (86 € tout de même!), un autre aux couleurs du drapeau des Versaillais (ah ! jeunesse ignorante), un parfum, des coussins (« À mort !!! »). Et même, récemment, des produits dérivés… du Paris Saint-Germain !

Tout cela est présenté/justifié par un discours confus et pontifiant qui tente de faire accroire au gogo bohème qu’il va claquer son fric pour de la rebellitude. Ah ! boire dans le crâne de Louise Michel…

Cliquer sur l’image pour l’AGRANDIR.

Je recommande aux personnes qui s’intéressent à l’asservissement de l’imagination par la marchandise de jeter un œil aux notices biographiques des créateurs « Communards » (ainsi sont-ils présentés) avec lesquels la marque « Commune de Paris » a travaillé.

Devant tant de boursouflure, d’« insolence » autoproclamée, sans même parler de la démarche initiale qui s’apparente au viol de sépulture, on est partagé entre la pitié et l’envie d’administrer quelques salutaires paires de claques.