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Dans un ouvrage récemment publié dans la collection des « Classiques Garnier » sous la direction de Huguette Krief (et alii) et sous le titre Femmes des Lumières. Recherches en arborescences, Olivier Blanc – entre autres biographe d’Olympe de Gouges –, donne un article intitulé « Entre héroïsme et démagogie, l’engagement politique des femmes ».

[Document reçu, et ajouté, ce 22 juin.]

Le texte s’ouvre sur un sec rappel à la nécessité du travail aux Archives nationales, « notamment les sous-séries F7, BB3, ABXIX, l’incontournable série W, notamment les papiers dits de Fouquier-Tinville et ceux du Tribunal révolutionnaire, et enfin ceux du séquestre T qui recèlent parfois des correspondances privées. »

Tant qu’à faire, l’auteur aurait pu indiquer ces cotes dans leur forme actuelle (F/7, par ex.), mais passons…

Le plus curieux est le reproche adressé aux « nombreux historien(ne)s qui se bornent aux aspects littéraires et mondains de l’histoire des femmes » de « méconnaître » cette documentation, du coup « quasi inexploitée ».

Il est vrai que la critique étant adressée à ceux qui la méritent, elle prend un aspect tautologique : celles et ceux qui ne vont pas aux AN ne vont pas aux AN ! Et ils ont tort ! Voilà un point sur lequel je m’accorde avec Olivier Blanc. Tout comme je le rejoins – mais nous sommes un certain nombre ! – sur le constat que « l’engagement politique des femmes de la fin du XVIIIe siècle est sous-estimé. »

Cependant, nombreuses sont les historiennes qui ont travaillé et travaillent dans les archives, nationales et départementales, sans que cela leur vaille d’être citées comme exemples à suivre, ou d’être citées tout court ! On s’attendrait ainsi à voir mentionné le travail de Christine Fauré sur les premiers groupes de femmes (artistes notamment). Il n’en est rien.

Quant au reste de l’article, après ce vigoureux éloge de ce qui pourrait passer pour une « histoire par en bas », il ne citera pas lui-même… une seule cote d’archive !

Passons encore sur une tentation « onfrayiste[1] » – du type « On vous cache tout, mais me voici, le grand Révélateur ! » – qui fait dire à Olivier Blanc que la présence d’hommes déguisés en femmes dans la marche sur Versailles est « un point singulier rarement évoqué », quand il serait plus rapide de dénombrer les auteurs qui n’en font pas mention…

Et venons-en au passage qui a retenu toute mon attention, puisqu’il traite des « Citoyennes (terme omis par Blanc) républicaines révolutionnaires ». – C’est moi qui souligne le passage en gras :

Ce sont surtout les meneuses du club des républicaines révolutionnaires, composé d’environ cent-soixante-dix femmes fanatisées qui feront les frais de cette récupération démagogique de leur mouvement [par le maire de Paris Jean-Nicolas Pache, par Marat et par Santerre]. Pauline Léon et surtout la charismatique Claire Lacombe, belle et éloquente comédienne, en furent la plus parfaite illustration. Elles se distinguèrent dans « la politique de l’insurrection », dite aussi du « tocsin », suscitée par la Commune de Paris, à savoir les mouvements du 25 février 1793, du 10 mars et aussi lors de l’acquittement de Marat qu’elles vénéraient. Le 10 mai, à l’instigation de Sylvie Audouin, fille du maire de Paris Pache, les citoyennes Lacombe, Colombe, Léon et quelques autres cofondèrent la société des Républicaines révolutionnaires qui, siégeant un temps en la salle de la Bibliothèque des Jacobins, allait, à sa façon, contribuer à la chute de la Gironde en s’inféodant trois semaines au mouvement démagogique de l’exagération révolutionnaire.

 Voilà une information qui a tout d’un scoop.

Non pas le fait que les citoyennes révolutionnaires aient été « manipulées » : c’est là, d’après de trop nombreux historiens – et hélas quelques historiennes – leur destin de genre. Voilà plutôt un lieu commun !

Je parle du rôle d’« instigatrice » de la fille de Jean-Nicolas Pache, Sylvie Audouin, plus précisément : Marie Sylvie Audouin (1777-1820), épouse de François Xavier Audouin (1766-1837), abbé de son premier état, vicaire de Saint-Thomas d’Aquin et aumônier de la garde nationale, Jacobin et appelé par Pache au ministère de la Guerre comme secrétaire général.

Premier étonnement de chercheur : je n’ai jamais vu mentionner le nom de Marie Sylvie Audouin parmi les militantes de la société des Citoyennes républicaines révolutionnaires. Dominique Godineau, qui a pourtant effectué pour sa thèse, dont est issu son maître livre Citoyennes tricoteuses, un travail considérable dans les archives[2], ne la mentionne pas. Elle ne figure pas davantage dans le Répertoire du personnel sectionnaire parisien en l’an II d’Albert Soboul et Raymonde Monnier.

À ce stade de son développement (p. 162), Olivier Blanc ne cite ni archive ni source à l’appui de son affirmation d’un rôle déterminant de cette jeune femme dans la formation des Républicaines révolutionnaires.

« Très jeune femme », devrais-je dire. En effet, lorsqu’elle épouse l’abbé Audouin, le 15 janvier 1793, Marie Sylvie Pache n’a que 16 ans. Nous savons, certes, que de très jeunes gens et de très jeunes filles ont participé à des émeutes et aux réunions de clubs révolutionnaires ou se sont engagé·e·s dans l’armée. Il est moins plausible qu’une jeune femme de 16 ans ait pu être l’« instigatrice » de la création d’une société, dont le règlement est signé par des militantes déjà aguerries, comme Pauline Léon, âgée en 1793 de 25 ans, qui a été – elle – l’instigatrice indiscutable, l’année précédente, d’une pétition pour le droit des femmes à s’armer signée par 300 d’entre elles.

Mais Olivier Blanc poursuit (p. 163) :

La présence remarquée de Sylvie Audouin dans cette société révolutionnaire de femmes, accrédite l’accusation des Girondins, selon laquelle les femmes dites républicaines et révolutionnaires, furent instrumentalisées par la Commune de Paris, non seulement dans les émeutes du début du printemps, mais également dans les séances d’obstruction et d’intimidation qui eurent cours en mai 1793 à la Convention.

« Remarquée » ! Mais par qui ?

Cette fois, la réponse semble nous être donnée en note (n° 25), par une accumulation de références girondines – références « sèches », sans citations ; j’utilise les éditions mentionnées par Blanc, afin d’éviter tout risque d’erreur.

Les Mémoires de Jean-Baptiste Louvet tout d’abord. Dans cet ouvrage[3], à propos duquel Valérie Crughten-André usera de l’expression suivante « …ou la tentation du roman[4] », Louvet reproduit une « Proclamation de l’assemblée de résistance à l’oppression réunie à Caen aux citoyens français », postérieure et consécutive à l’insurrection anti-girondine des 31 mai et 2 juin 1793. À la page 23, citée en référence par O. Blanc, Louvet s’adresse à ses adversaires :

Mais toi, Pache, et tous les tiens, et tes municipaux, et tes cordeliers, et tes femmes révolutionnaires, tous, tous, vous nous répondez, vous nous répondez sur vos têtes [des Girondins proscrits détenus à Paris] !

Louvet suggère bien ici l’existence d’un vaste front révolutionnaire « exagéré », incluant les Républicaines, et semble en attribuer la direction à Pache. C’est davantage une information sur la manière dont Louvet apprécie – ou souhaite faire apprécier par ses concitoyens – la situation parisienne que sur cette situation elle-même.

Mais voici d’autres Mémoires girondines, celles de Buzot, également mentionnés par O. Blanc.

Les enfants de Pache, ses filles couraient comme des forcenées dans les lieux où l’on prêchait le meurtre et le pillage avec le plus d’impudence, et souvent on les a vues dans des embrassements dits fraternels en réchauffer les dégoûtantes orgies[5].

J’épargne à mon lectorat l’analyse des sous-entendus obscènes de ce passage, pour remarquer simplement qu’il n’y est fait allusion ni à Sylvie Audouin ni aux Républicaines révolutionnaires. Ces dernières ont d’ailleurs déjà fait l’objet (p. 72) dans le texte de Buzot d’un passage bien connu, que je reproduis néanmoins, non pour ses qualités littéraires ou analytiques mais afin qu’y brille pour l’éternité l’absence de la citoyenne Audouin :

Parlerons-nous ici d’une société de femmes perdues, ramassées dans les boues [au sens d’ordures] de Paris, dont l’effronterie n’a d’égal que leur impudicité, monstres femelles qui ont toute la cruauté de la faiblesse et tous les vices de leur sexe ? la vue seule en fait horreur. Ces femmes ont joué un grand rôle dans la révolution de 1793. Une vieille barboteuse [prostituée] de Paris les commande, et leurs poignards appartiennent à qui sait mieux les payer. Il parait que Lacombe, leur chef, a pris un grand empire ; et dans les débats qui se préparent entre Robespierre et ses amis, et Danton et les siens, cette impudique femelle pourrait bien faire pencher la balance en faveur du parti pour lequel elle se déclarerait.

Assez de Girondins, voici maintenant une référence « historienne » fourni par Blanc : l’Histoire de la Convention nationale du baron de Barante[6] (t. II, 1851, p. 391). Je reproduis scrupuleusement le passage :

Les Jacobins étaient dans l’usage de donner place, dans les salles du vaste couvent où ils siégeaient, à des sociétés patriotiques, dont ils étaient les patrons et les protecteurs. Il y en avait une entre autres intitulée « société fraternelle des deux sexes ». Elle avait été formée pendant l’Assemblée législative, et Mme Roland y allait alors quelquefois « pour donner le bon exemple ». Depuis, la composition de ce club s’était fort abaissée. Les fédérés et autres politiques de même trempe y affluaient et s’y mêlaient, à quelques femmes beaux esprits d’ordre inférieur. La femme et les filles de Pache y étaient assidues. Une citoyenne Lacombe était le grand orateur de la société fraternelle et venait présenter à la Convention, à la commune et aux Jacobins des adresses et des pétitions plus insensées et plus violentes que toutes autres.

La mention des filles de Pache « assidues » est probablement ce qui justifie qu’Olivier Blanc ajoute cette référence aux autres. Il ne semble pas gêné outre mesure par le fait que le baron de Barante confond évidemment deux sociétés : d’une part la Société fraternelle des patriotes de l’un et l’autre sexe, et d’autre part la Société des Citoyennes républicaines révolutionnaires, nullement formée sous la Législative puisque datant de 1793.

Ensuite, toujours dans la même note, O. Blanc fait référence – pour établir le fait que Sylvie Audouin était « fortement politisée » – à la mention par Louis de Launay d’une querelle entre la femme Audouin[7] et Carnot, au domicile de Gaspard Monge, le 9 mai 1794. Je reproduis le passage évoqué par Blanc.

Ce soir-là, dans le salon de Monge, elle se prit de querelle très vive avec Carnot, Prieur de la Côte-d’Or et d’autres membres des Comités de Salut public et de Sûreté générale : ceux que Pache [présent également, paraît-il] appelait les Septemvirs. […] Mme Ardouin [sic] voulut justifier Hébert et ses complices, dont l’arrestation avait eu lieu dans la nuit du 13 au 14 mars et l’exécution le 22 du même mois.

Cette querelle, qu’Olivier Blanc qualifie de « violente » aurait eu lieu la veille même de l’arrestation de Sylvie Audouin, de son mari, de Pache, et de la mère de ce dernier.

Louis de Launay suit ici la biographie manuscrite établie par Eugène Eschassériaux, arrière-petit-fils de Monge, qu’il avait pu consulter, et qui se trouve – depuis 2002 – à la bibliothèque de l’École polytechnique[8]. Ignorant (comme O. Blanc) sur quel document s’appuie Eschassériaux pour évoquer cette dispute, je me borne à constater qu’il n’a aucun rapport avec les Citoyennes républicaines révolutionnaires.

En avant-dernière position, Blanc mentionne dans sa note Léopold Lacour, l’un des premiers biographes français de « Rose » Lacombe :

Associée avec l’aval de son père et de son mari aux mouvements démagogiques de 1793, elle pourrait évidemment avoir contribué au financement du Club des républicaines révolutionnaires, que Lacour a soupçonné (La Revue hebdomadaire, 1899, 2e série, XI, pp. 236-256).

Ce que l’on peut dire de plus aimable à propos de cette mention est qu’elle procède d’une lecture trop rapide du texte de Lacour.

En effet, celui-ci ne « soupçonne » nullement un financement des Républicaines révolutionnaires par Sylvie Audouin, qui n’est même pas citée. Lacour rappelle que les Girondins, dont Isnard, alors président, ont dénoncé en mai 1793 à l’Assemblée les femmes qui avaient improvisé une « police révolutionnaire » contrôlant l’entrée des tribunes de ladite Assemblée. Lacour cite (pp. 242-243) un rapport de police du 16 mai :

Il est vraisemblable qu’elles sont payées… Le fait suivant confirme ce soupçon. Vers les cinq heures du soir, un particulier vint au milieu de ce groupe femelle, s’informa de ce qu’il y avait de nouveau ; on l’en a instruit, et une de ces observatrices ajouta : Vous avez vingt sols à me rendre : ce que le particulier fit aussitôt en disant à demi-voix : Il faut vivre. »

[Puis Lacour reprend] Et rien sans doute ne permet d’assurer qu’il n’y eut pas de femmes embauchées parmi les citoyennes des tribunes – ou des rassemblements aux abords de la salle ; rien non plus qu’il n’y eut point de filles [de prostituées]. Mais certainement la grande majorité se composait de femmes du peuple n’obéissant qu’à leur passion révolutionnaire ; et, quand Buzot représente en particulier la Société des Républicaines comme un club de créatures perdues, sorties du ruisseau, c’est une consolation qu’il offre aveuglément à ses ressentiments de vaincu.

Ainsi, Lacour, loin d’émettre un soupçon personnel se borne à enregistrer le point de vue Girondin-policier. Il reconnaît que l’on ne peut écarter la présence de femmes stipendiées, mais conclut contre Olivier Blanc. Lequel ne manque pas de culot en l’enrôlant comme il le fait.

Blanc aurait pu citer encore, s’il en avait eu connaissance, les déclarations de Gamon, député et membre du comité des inspecteurs de salle à la Convention qui, évoquant les mêmes incidents, affirme que « ces femmes […] sont évidemment salariées par nos ennemis ». Mais c’est la conclusion d’un raisonnement – elles sont pauvres ; comment perdraient-elles du temps à militer ? – et non le résultat des interrogatoires et investigations qu’il a pourtant menées auprès de plusieurs d’entre elles. Celles-ci lui ont déclaré s’être réunies « sous le titre de Dames de la Fraternité [9]». Aucune société féminine n’ayant jamais porté ce nom, cette fausse indication pourrait renforcer l’hypothèse d’une confusion avec la Société fraternelle.

Digression

Disons un mot des rapports rédigés par des « observateurs » de police pendant la Révolution, embauchés et mis sur le terrain par le ministre Garat, à partir du 25 avril 1793. Ils peuvent certes fournir des indications précieuses, à condition d’être considérés avec beaucoup de prudence. Il ne s’agit pas, comme nombre d’historien·ne·s semblent le croire au vu de la manière dont ils-elles les utilisent, de « photographies » de l’opinion à un moment donné[10]. Certains sont fort invraisemblables, mais on doit rédiger un rapport, et comme le dit le personnage, réel ou inventé, de l’anecdote ci-dessus rapportée : Il faut bien vivre !

 Je relève ici que le récit reproduit étrangement la démarche de l’observateur de police lui-même en l’attribuant à un « particulier » : il « s’informe de ce qu’il y a de nouveau » – on ne nous dit pas qu’il vient rémunérer les militantes pour leur journée de faction (une seule lui réclame une somme, qu’il reconnaît lui devoir). Quant aux femmes, elles sont précisément qualifiées d’« observatrices », ce qui signifie auxiliaires de police…

Olivier Blanc abat maintenant sa dernière carte-référence :

Aimé Charles Dauban a publié dans une magistrale compilation (La Démagogie à Paris, Paris, H. Plon, 1868) l’essentiel des documents se rapportant à l’histoire des mouvements de femmes en 1793, et notamment au Club des Républicaines révolutionnaires. Les Girondins ont tous pointé le rôle de la Commune dans la récupération anti-girondine de ces mouvements rassemblant environ 170 femmes « du peuple », peu instruites, désargentées, et souvent égarées par l’extrême démagogie des discours et des publications, également par l’argent distribué (Dauban, op. cit., p. 189).

On craint de comprendre, en lisant la première phrase de ce passage, éloge d’ailleurs extravagant dont je recommande à tout·e étudiant·e ou curieux-se de ne tenir aucun compte, que M. Blanc s’est abstenu – au moins sur le sujet qu’il traite dans cet article – d’appliquer l’excellent conseil qu’il donne aux autres dans son introït. Pourquoi perdre son temps dans les archives, puisque Dauban a déjà « publié l’essentiel des documents » ?

Précisons que le chiffre « 170 » concerne uniquement les sociétaires inscrites chez les Citoyennes républicaines révolutionnaires, et non « les mouvements de femmes » parisiennes, qui se retrouvent dans d’autres sociétés, mixtes ou non, et dans la rue, par milliers, notamment à l’appel des premières.

Quant à la page 189, elle reproduit le même rapport de police auquel Lacour faisait allusion, et qu’Olivier Blanc a déjà évoqué. C’est donc une redondance et non une nouvelle référence qui viendrait à l’appui des autres.

Finissons-en en remarquant que M. Blanc eut été bien inspiré de ne pas se fier à Dauban et de lire plus attentivement le texte de Léopold Lacour qu’il a utilisé (on a vu comment). En effet, ce dernier reproduit l’article XXVI du règlement des Républicaines (texte intégral sur ce blogue et dans Deux Enragés de la Révolution):

La Société, considérant qu’on ne peut refuser la parole à aucun membre, et que de jeunes citoyennes pourraient, avec les meilleurs intentions du monde, compromettre la Société par des motion peu réfléchies, arrête qu’elle fixe l’âge de dix-huit ans pour être reçue membre de la Société.

Aussi précoce et « fortement politisée » qu’on l’imagine, il faut donc croire que la pauvre Sylvie Audouin était aussi une fichue gourde pour être l’instigatrice d’un club qui l’excluait dès sa formation, du fait de son âge !…

Retenons

Rien ni dans les documents évoqués par Olivier Blanc ni dans les nombreux documents publiés par ailleurs (et je ne parle pas ici du pauvre Dauban !) n’établit, à ce jour, un rôle quelconque joué par la fille de Pache dans la création de la Société des Citoyennes républicaines révolutionnaires. C’est une « légende historienne » qu’il vaut mieux arrêter dans sa course avant qu’elle ait parcouru trop de chemin.

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Statut du texte de l’article : acheté sur Internet sous forme électronique.

[1] « Onfrayiste » ; de Michel Onfray, panégyriste de Charlotte Corday et révélateur de « vérités cachées » dans tous les domaines de la connaissance.

[2] Ce qui ne suffit pas à la grandir aux yeux d’Olivier Blanc, qui lui reproche surtout d’appartenir à « l’école soboulienne », ce qui n’est d’ailleurs pas factuellement inexact.

[3] Dont le début exact du (très long) titre est Mémoires de Louvet de Coudray, député à la Convention nationale [etc.], Paris, 1823.

[4] Les Mémoires de Jean-Baptiste Louvet ou la tentation du roman, Paris-Genève, Honoré Champion-Slatkine, 2000.

[5] Mémoires inédits de Pétion et mémoires de Buzot & de Barbaroux […] précédés d’une introduction par C. A. Dauban, 1866, p. 78. Ce passage de Buzot, dont la première édition est de 1794, a inspiré M. Thiers dans son Histoire de la Révolution française, seconde édition, 1828, t. III : « La femme, les filles de Pache allaient dans les clubs, dans les sections, paraissaient même dans les casernes des fédérés, qu’on voulait gagner à la cause […]. »

[6] À propos de Amable Guillaume Prosper Brugière, baron de Barante, on peut lire dans le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse : « Sa répugnance pour la démocratie se manifesta dans divers écrits politique, surtout dans son Histoire de la Convention nationale […] qui sont loin d’avoir ajouté à sa réputation. Chose remarquable, il se garda bien d’appliquer ici son fameux précepte : Écrire pour raconter, non pour prouver. Ces morceaux, d’un médiocre intérêt d’ailleurs, sont, en effet, non de simples et calmes narrations, mais des thèses de contre-révolution, des plaidoyers de parti, empreints de la plus aigre partialité, et qui, en outre, fourmillent d’erreurs et passeraient pour de fort plates compilations, s’ils n’étaient pas signés d’un nom aussi respecté. »

[7] Que M. de Launay renomme « Ardouin » ; Un grand Français. Monge, fondateur de l’école polytechnique, s. d. [1933], pp. 121-122.

[8] Fonds Gaspard Monge. Le récit d’Eschassériaux, que Blanc ne mentionne pas et que je n’ai pas été consulter figure certainement soit sous la cote IX GM 29 (Notes sur la vie de Monge et sur sa famille) soit IX GM 30 (Vie de Monge par Eugène Eschassériaux. Manuscrit en 5 volumes).

[9] Convention, 18 mai 1793, Moniteur, t. 16, p. 421.

[10] On commet de nos jours la même naïveté à propos des « micros-trottoirs », dont abusent les journalistes de radio et de télévision.