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Interrogé par L’Obs en compagnie d’Alain Badiou (18 octobre 2018), Marcel Gauchet, «philosophe, historien des idées et penseur de la démocratie représentative» (dixit l’hebdomadaire) et surtout auteur d’un récent ouvrage sur Robespierre (annoncé sur ce blogue) reprend le vieux truc de prestidigitateur qui a fait la fortune de Michel Onfray:

Toujours commencer par dire que le sujet qu’on traite est délaissé, méprisé, voire censuré par les autres, et ce depuis le plus longtemps possible.

La question de L’Obs tente maladroitement de remettre la publication de Gauchet en perspective.

Maladroitement, parce qu’en remontant jusqu’à Soboul les intervieweurs Carole Barjon et Pascal Riché ne mettent pas en lumière l’abondante production récente sur Robespierre.

Seul J.-C. Martin est cité, et non Hervé Leuwers, Marc Belissa, Yannick Bosc, Michel Biard, Philippe Bourdin, Cécile Obligi, et Peter McPhee (j’en oublie sans doute), soit la bagatelle d’au moins un ouvrage par an – en moyenne – ces six dernières années!

Il n’est pas fréquent de croiser autant de monde sur un terrain supposé à l’abandon…

Il est possible que l’immédiat «après-bicentenaire» ait suscité, sur le plan médiatique – et non scientifique et universitaire –, une impression de saturation.

Mais depuis, et ce blogue tente d’en rendre compte, la Révolution a rarement été d’une aussi brûlante actualité dans tous les domaines: travaux scientifiques, biographies, articles, numéros spéciaux de revues de vulgarisation, expositions, conférences, colloques, journées d’études, films, pièces de théâtre, bandes dessinées, jeux vidéo, comédies musicales, etc.

Parler d’un «quasi-silence» concernant les vingt dernières années est une contrevérité. Commettre ce mensonge – particulièrement méprisant pour celles et ceux qui ont travaillé et publié – pour mettre en valeur son propre travail est un procédé pitoyable.