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Ayant entrepris le dépouillement des presque sept mille documents de l’époque révolutionnaire des collections du Musée Carnavalet qui sont numérisées – une infime partie d’icelles, mais ça prend déjà pas mal de temps! – je rencontre une gravure représentant Jacques Roux en train de rédiger le compte rendu (taking the procès verbal) de l’exécution du roi et l’estampe dont elle est le «brouillon».

Je ne connais pas dans la littérature historienne de référence à cette gravure (tout contre-exemple sera bienvenu, et dûment signalé).

Michel Vovelle a bien reproduit dans le tome III de La Révolution française. Images et récit (1986, pp. 194-195) une version de la gravure en couleurs (qui se trouve à la Bibliothèque nationale), mais sans mention de Jacques Roux puisque la gravure ne comporte pas de «légende» (les traits des visages sont beaucoup plus fins que sur l’estampe).

J’eusse préféré faire cette découverte – tout comme celle d’un article d’époque, reproduit sur ce blogue il y a peu, qui montre l’influence de Roux à la Commune – avant de boucler le CD Rom qui accompagne la biographie de Roux par Walter Markov (coédition Libertalia–SER). Mais c’est la vie (de chercheur)! Or la recherche se poursuit. J’objecte d’ailleurs – dans la mesure du possible – à voir (façon de parler!) publier mon travail de manière posthume. C’est de surcroît le privilège de celles et ceux qui suivent ce blogue de bénéficier ainsi de «mises à jour» gracieuses.

Ci-dessous la gravure – vous pouvez, comme d’habitude, cliquer sur les images pour les AGRANDIR – et le détail de Roux en scribe accroupi, porteur du numéro 4. Je me suis borné à améliorer légèrement la netteté de l’image. Suit le même dispositif pour l’estampe.

On sait que gravure et estampe sont d’époque révolutionnaire (1796) et l’on sait que leur éditeur est anglais. Peut-on imaginer qu’un croquis sur le motif (nous éviterons l’expression «sur le vif», par égard pour le condamné) a précédé leur fabrication?

On peut l’imaginer, mais nous n’en savons rien, et – en l’état – il est raisonnable de se limiter à considérer ces documents comme des traces, ignorées jusqu’ici, de la représentation de Jacques Roux dans la culture populaire (ça n’est déjà pas si mal!) et non comme un «portrait» du curé des Gravilliers.

PS. Sachant l’origine anglaise de l’œuvre, j’ai été consulter les archives numérisés du British Museum. Le motif de recherche «Jacques Roux» ne ramène aucun document, mais le dépouillement de l’ensemble de ceux concernant l’exécution de Louis XVI révèle que notre gravure fait partie d’un ensemble de quatre. Elles représentent, outre le moment de l’exécution que nous connaissions (en haut, à gauche): les adieux du roi à sa famille la veille de son exécution; la séparation de sa famille le 29 septembre 1792; et le roi à la barre de la convention nationale au moment de son procès.