Étiquettes

, ,

En cherchant un document sur Persée, je rencontre ce texte de Pierre Péchoux à propos de Bakounine et la Révolution (Revue des études slaves, tome 61, fascicule 1-2, 1989. «Les Slaves et la Révolution française», pp. 161-168).

Vous pouvez en télécharger l’intégralité ici.

En plus de la méconnaissance de la véritable nature de l’égalité, Bakunin inscrit encore deux autres erreurs au passif de la Révolution, deux déviations par rapport aux principes initiaux; l’une concerne l’État et l’autre la religion, deux domaines particulièrement sensibles pour qui fait profession d’anarchisme. Ici pas d’atténuation pour dénoncer ces «fausses idées» et ceux qui les ont répandues, comme on peut le voir dans les extraits suivants.

“Oui, chose étrange, cette grande révolution qui, pour la première fois dans l’histoire, avait proclamé la liberté […] avait ressuscité en même temps cette négation de toute liberté: la centralisation et l’omnipotence de l’État. Reconstruite de nouveau par la Constituante, combattue, il est vrai, mais avec peu de succès par les Girondins, cette centralisation fut achevée par la Convention nationale.

Robespierre et Saint-Just en furent les vrais restaurateurs: rien ne manqua à la nouvelle machine gouvernementale, pas même l’Être suprême avec le culte de l’État.”

Dans la lettre à un inconnu du 6 janvier 1867, il écrivait que

“l’État centraliste des Jacobins, quelles qu’eussent été les raisons historiques qui ont excusé ou même nécessité sa conservation ou sa création de nouveau par les révolutionnaires, ne fut rien moins que la réaction implantée, victorieuse et puissante, au sein même de la révolution. Il stérilisa tous les efforts de cette dernière et toujours égal à lui-même, fidèle à son principe destructif de toute liberté, produisit le despotisme brutal de Napoléon Ier ainsi que le despotisme éminemment corrupteur de Napoléon III.”

Capture d’écran 2019-04-19 à 17.56.30