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La librairie parisienne Fabrice Teissèdre propose un très beau livre sur les drapeaux de la Garde nationale de Paris, dont je reproduis ci-dessous deux pages et la présentation par le libraire.

Plusieurs de ces drapeaux avaient été brodés et·ou offerts par des regroupements de «dames citoyennes» et en portaient la mention.

COLLECTION entière des drapeaux de l’armée nationale parisienne. S.l., n.d., (1790), in-4. Basane fauve, dos lisse, filets dorés, filets à froid en encadrement sur les plats (reliure de l’époque). Quelques discrètes restaurations. (13 500 €)

Très rare suite des 60 planches des drapeaux des gardes nationaux parisiens en 1789.

La Garde Nationale de Paris s’improvisa d’elle-même le jour de la prise de la Bastille. Le 16 juillet, les électeurs de Paris proclamèrent La Fayette commandant général. Cette nomination fut confirmée par les 60 districts de la ville et par l’Assemblée elle-même.

Symbole de la Révolution française de 1789, ces 60 districts se distinguèrent en choisissant chacun pour leurs bataillon de gardes un drapeau constituant à lui seul un tableau allégorique. Monarchie, symboles et devises révolutionnaires, armes de Paris, symboles religieux y sont évoqués faisant symphonie dans l’enthousiasme des débuts de la Révolution.

 Chaque planche, gravée, est soigneusement aquarellée à la main.

Chaque drapeau est soutenu par un garde national (mis en coloris) dont l’attitude expressive varie selon les planches. Ces dernières, toutes numérotées, correspondent aux divisions primitivement adoptées dont elles portent, en paratexte inférieur manuscrit à l’encre sépia, le nom correspondant (souvent celui de la paroisse) donné de facto au bataillon.

Reste à souligner que cet ouvrage est le seul témoignage qui nous soit parvenu, tous ces drapeaux ayant été détruits en application d’une loi du 27 août 1792. Nombre d’exemplaires de notre album ont probablement subi le même sort, victimes de leurs emblèmes monarchiques.

Une certaine confusion semble régner à la lecture des différentes études et bibliographies. À cet égard, trois ouvrages sur les drapeaux des Gardes Nationaux sont parus en 1790. Nous renvoyons à la description de M. Tourneux qui par ailleurs fait le point sur l’auteur de l’ouvrage et son historique.

Bien complet du rarissime frontispice décrit par Tourneux : gravé par Moreau Le Jeune, l’Allégorie s’intitule L’an Ier de la Révolution et est dédiée A un Peuple libre.

Bel exemplaire dans sa reliure de l’époque. Quelques discrètes restaurations à la reliure. Quelques taches au frontispice, auréole en marge des planches 12 et 13, un peu plus importante aux planches 43 à 46.

Exceptionnel exemplaire dans lequel on trouve contrecollé sur le premier contreplat deux invitations à la cérémonie de bénédiction des drapeaux le 27 septembre 1789 à Notre-Dame.

La première est placée dans la chapelle Saint-Denis ; la seconde, dans la nef, est nominative de Quatremère de Quincy.

Antoine Quatremère, dit Quatremère de Quincy (1755-1849) se préparait à une carrière d’architecte. Les événements révolutionnaires lui firent épouser une carrière politique. En 1790, il est membre de l’Assemblée des représentants de la Commune de Paris, avant de devenir député de Paris à la Législative.

Ex-libris H. Destailleur. Hippolyte Destailleur (1822-1893). est un architecte, bibliophile et historien de l’art.

Tourneux, II, 6712. Monglond, I, 221-222. L. Baron. Bibliographie. Drapeaux et étendards, 41.

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