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La lecture tient une place particulière dans les spéculations philosophiques et politiques des premiers socialistes. Le livre est à la fois le moyen de diffusion des idées progressistes et celui d’augmenter les connaissances de la population.

Étienne Cabet, Charles Fourier, Jules Gay, Robert Owen, Pierre-Joseph Proudhon, Flora Tristan… tous ont mis le livre et la lecture au cœur de leurs préoccupations, de leurs rêves, de leurs débats, parfois de leur pratique. Certains ont participé aux débats sur les droits d’auteur, d’autres se sont efforcés d’investir les bibliothèques populaires d’où une certaine philanthropie bourgeoise les écartait, d’autres encore ont cherché à mettre leurs idées en application, avec plus ou moins de succès… En effet, non seulement l’émancipation par la lecture n’était pas un objectif partagé par tous, ou pas au moyen des mêmes œuvres, mais encore les intentions des bénéficiaires et des prescripteurs n’étaient-elles pas toujours concordantes.

Le collectif réuni par Nathalie Brémand aborde presque tous les courants de pensée socialistes sous l’angle de leur étroit rapport au livre. Il étudie les pratiques de lecture collective en milieu ouvrier et rend compte, pour la première fois sous ce rapport, de célèbres projets tels que le Familistère de Guise ou les colonies icariennes aux États-Unis.

Ce titre de la collection Papiers se trouve à la croisée de l’histoire sociale et de l’histoire du livre, il traite d’une époque charnière où l’imprimé incarnait l’autorité mais devait servir à faire évoluer la société. Lire en tête, c’est là son point central.

Sortie le 23 janvier.