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Les Cahiers de Contre-Enseignement Prolétarien, édités par des enseignants et militants membres du parti communiste voulaient substituer « à l’École officielle du mensonge bourgeois, l’École révolutionnaire de la vérité prolétarienne ».

Selon Marie-Cécile Boujut, ils furent dirigés par Joseph Boyer qui fut pour cela traduit devant le conseil départemental de l’enseignement primaire de l’Allier[1]. Le responsable de publication indiqué en p. 2, Paul Bouthonnier (1885-1957) devint après le Congrès de Tours (1920) secrétaire de la fédération du parti de Dordogne puis membre du Comité Central de 1926 à 1929; il sera secrétaire de l’Université ouvrière du parti en 1936.

Dans ses souvenirs, Georges Cogniot affirme que le tirage atteignit 5 000 exemplaires par livraison (en principe mensuelle[2]).

Dans les siens, Jean Bruhat, auteur par ailleurs de nombreux articles sur la Révolution française, évoque son activité autour des Cahiers [3]. Il ne précise pas s’il a travaillé au numéro consacré aux causes profondes de la Révolution, que je reproduis ci-après. D’après les témoignages que j’ai consultés, un numéro était, la plupart du temps, confié à un auteur (même s’il devait être relu et·ou corrigé par d’autres).

Si le ou les auteurs n’évitent pas toujours – dans leur souci de faire briller la «vérité prolétarienne» – de tomber dans l’idéologie balourde, le texte n’est pas dépourvu d’intérêt, sans parler du fait qu’il est emblématique d’une tentative de contre-culture, et en l’espèce de contre-histoire, diffusée de manière à pouvoir toucher un public ouvrier.

On notera que dans le corps de la brochure, Mathiez et Kautsky sont les auteurs les plus souvent convoqués.

On peut consulter à cette adresse le texte d’un autre numéro des Cahiers, intitulé Le Chauvinisme linguistique.

J’ai numérisé l’intégralité du Cahier, y compris une discussion sur la Révolution espagnole qui ne manque pas d’intérêt.

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[1] Lire en communiste, PUR, 2010, p. 62.

[2] Parti pris, t. 1, Éditions sociales, 1976.

[3] Il n’est jamais trop tard, Albin Michel, 1983.

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