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S’il m’est arrivé plus d’une fois de consulter telle livraison du Journal des débats et de la correspondance de la Société des Jacobins pour vérifier le contenu d’une séance du club, je n’ai eu ni le besoin ni l’occasion de dépouiller l’ensemble des numéros mis en ligne sur Gallica en 2014 (l’absence de recherche «plein texte» n’y incite guère). Je ne répèterai pas que le dépouillement des sources imprimées (y compris numérisées) réserve de bonnes surprises: on dirait que je radote. Je me contente donc de mettre sous les yeux de mes lectrices et lecteurs cette chanson scato·patriotique écrite par Théophile Leclerc et publiée à la fin juillet 1793.

Certes, le texte n’a rien pour me faire réviser le jugement (peut-être excessivement) sévère que j’ai porté sur la production poétique de l’Enragé, soit dans son journal L’Ami du Peuple, soit en 1798 (voir Notre patience est à bout).

Cette Histoire des sans-culottes mérite cependant une attention particulière, non en raison de son originalité, mais – on pourrait presque dire au contraire – du fait qu’elle peut être rattachée à une longue tradition de scatologie satirique, dont la production de Leclerc semblait jusqu’ici très éloignée (Théophile donnant plutôt dans le genre ampoulé, d’ailleurs très en faveur à l’époque).

Leclerc, qui signe «Leclerc, de Lyon» parce qu’il s’est fait connaître aux Jacobins comme envoyé des Jacobins lyonnais, donne ici une explication plaisante de l’expression «sans-culottes» (qui s’harmonise avec toutes les plaisanteries d’écoliers sur le sujet dans les siècles ultérieurs).

L’anecdote se situe au 10 août 1792. Tous les assaillants des Tuileries ne font pas preuve d’un égal courage. Lesquels, des «Feuillans» ou des «patriotes» répandent cette odeur foireuse? Le seul moyen de le savoir est de baisser culotte. On s’en doute, les «Feuillans» révèlent leur couardise… et conservent leurs culottes pour en dissimuler les effets, tandis que les patriotes, depuis, vont sans.

Si cette chanson scatologique tranche avec la production connue (je prends mes précautions) de Leclerc, elle contraste aussi avec le contenu de la «Correspondance» des Jacobins, où l’on trouve bien quelques poésies, mais d’une autre tenue.