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En écho à l’exposition des Archives nationales sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, je mets à disposition cet article d’Anne Verjus, par ailleurs disponible sur le site de la Revue électronique d’histoire du droit Clio@Themis.

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Dès le mois d’août 1789 et tout au long de la Révolution, les législateurs s’empoignent sur l’amplitude et la diversité des droits et devoirs de l’homme en société. Parmi les députés de 1789, certains parlent de 24 ou 25 millions d’hommes, ce qui ne laisse planer aucune incertitude sur le caractère générique de l’appellation. C’est le cas par exemple de Rabaud Saint Etienne, du marquis de Sillery ou bien encore de Lally- Tollendal. D’autres au contraire évoquent l’homme auquel, dans l’état de nature, on peut enlever sa femme ou le champ qu’il a cultivé, ce qui là encore ne permet pas d’hésiter sur l’homme dont il s’agit. C’est le cas, par exemple, de Duquesnoy. La Déclaration elle-même hésite et convoque tantôt «les droits de l’Homme» (préambule), tantôt «les hommes» (art. premier) ou encore tout homm» (art. IX), sans que la valse des appellations nous guide en quoi que ce soit pour déterminer ce que les législateurs entendaient par «homme». […]