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Le tenancier du blogue Reims, ville populaire. L’histoire populaire, sociale et culturelle de Reims, une ville populaire, a eu la bonne idée de publier une version revue et corrigée de l’article publié par Gustave Laurent dans les Annales historiques de la Révolution française en 1924 sur le «conventionnel ouvrier» Jean-Baptiste Armonville.

Vous pourrez, en accédant à ce blogue, lire l’intégralité de l’article et·ou le télécharger au format pdf.

Vous trouverez également un article du même Gustave Laurent sur la correspondance d’Armonville en 1793 et un autre sur les députés de Reims (1791-1792).

Les ouvriers, les prolétaires groupés autour d’Armonville faisaient tous, de 1789 à 1792, partie du club des Minimes, société non constituée régulièrement dont les écrivains paraissent avoir ignoré l’existence mais qui cependant, comme les Jacobins, s’intéressait aux événements de la Révolution et prenait part aux affaires de la Cité.

Dès lors, la figure d’Armonville, sa haute et maigre stature, sont connus en ville ; il est très populaire parmi les ouvriers qui l’acclament au passage, et même parmi les artisans et les petits boutiquiers du centre de la ville qui l’accueillent chez eux. – Coiffé constamment du fameux bonnet rouge qui devait le rendre célèbre et sous le sobriquet duquel on devait plus tard le désigner, entouré de ses amis et fidèles dont certains devaient adopter les noms révolutionnaires de Scevola Tristant, Brutus Bertrand, Caïus-Gracchus Lienard et aussi d’autres tels que Beugé, Levieux, Soulier, etc., tous tisseurs de la Haute Ville, il se rendait certains jours à l’Hôtel de Ville ou au District, conférait avec le maire Hurtault-Pinchard, le procureur de la commune Couplet-Beaucourt, avec le président du district Mopinot ou le procureur-syndic Jouvant, transmettait à ces autorités les doléances de la population des faubourgs, recevait des avis, des nouvelles qu’il se chargeait de répandre et donnait même d’utiles conseils qui étaient parfois écoutés et suivis. […]

Lesueur a fait le portrait d’Armonville (Laurent y fait allusion dans son article). Cette gouache figure dans une série où le conventionnel rémois se trouve à côté de Robespierre dans une série de cinq personnages (voir ci-dessous). J’ignore où se trouve cette série (qui ne faisait pas partie des gouaches entrées à Carnavalet entre 2005 et 2011; voir l’article de Philippe de Carbonnières, AHRF, 2014, n° 376).

Il m’a été impossible de trouver l’image dans une bonne résolution (d’où le flou de l’image en tête de ce billet), mais il est loisible de commander sur Internet, un puzzle ou un mug qui la reproduit (et ceci explique, hélas! cela).

Notons qu’il existe une carte postale réalisée, en noir et blanc, à partir d’une reproduction encore plus mauvaise. Je ne l’ai pas encore eue en mains et ne m’aventurerai pas à la dater précisément, mais c’est une carte moderne (probablement postérieure à 1950).

Célèbre notamment pour le bonnet rouge dont il était coiffé en permanence, Armonville eut les honneurs du très contre-révolutionnaire Dictionnaire des Jacobins vivans (1799).