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Présentation par les Éditions iXe.

Depuis quand, pourquoi, par quel détour le mot « homme » en est-il venu à désigner le genre humain tout entier ? Et comment se fait-il que tant de francophones ne songent pas à questionner cet usage totalisant ?

Au fil d’une passionnante enquête, Éliane Viennot revient sur l’étymologie du terme, sur son sens premier et son sens sublimé par la grâce d’institutions puissantes, sur les contradictions et les confusions que cela n’a pas manqué de provoquer. Ce livre est l’histoire d’un abus de langage qui a hissé le mâle de l’espèce au rang de représentant absolu de l’humanité.

Au pays de l’Homme de Cro-Magnon, du Musée de l’Homme, des Maisons des Sciences de l’Homme, des Droits de l’Homme, etc., cette histoire relève d’une exception française qui sent fort l’imposture masculiniste. Il est temps que le bonhomme regagne son lit – sémantiquement parlant – et laisse place aux autres individus du genre Homo : tous les humains, hommes compris.

J’ai déjà eu l’occasion de dire ici-même tout le mal que je pense de certaines divagations d’Éliane Viennot sur les femmes pendant la Révolution, et singulièrement sur les clubs de femmes. Je suis d’autant plus à l’aise pour recommander chaudement ce petit livre, au titre gentiment provocateur, qui met les choses au point – de manière savante et pertinente – sur l’escroquerie de «l’homme-qui-signifie-aussi-les-femmes».

Certain·e·s «robespierristes» militant·e·s ont filé la métaphore mensongère en prétendant que Robespierre parlait tout naturellement des femmes aussi quand il ne parlait que des hommes. J’ai démonté et réfuté ce mensonge dans Robespierre, les femmes et la Révolution (IMHO).

Je mentionnai récemment cette question en signalant une exposition aux Archives nationales sur la Déclaration des droits de l’homme. On verra ci-dessous une tentative iconographique maladroite de bidouillage idéologique: à l’occasion du bicentenaire, une médaille célébrant la DDH fait figurer deux sans-culottes de part et d’autre de la Déclaration: un homme… et une femme.

118 p. 6,50 €.

Statut de l’ouvrage: acheté en librairie.