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Cette mise au point sur Robespierre et la «Terreur», qui n’a jamais été «mise à l’ordre du jour», contrairement à ce que réclamait une partie de la sans-culotterie, est globalement exacte et ne dépare pas – par sa clarté et son élégante présentation – le début de série de vidéos entamée par la Société des études robespierristes.

La grande brièveté du format choisi et la contrainte qu’elle représente ne saurait toutefois mettre les auteurs et autrices à l’abri de toute critique, ce à quoi ils·elles ne prétendent d’ailleurs pas.

Pour dire les choses de manière diplomatique, il me paraît insupportablement diplomatique de dire que «Robespierre s’est trouvé au cœur d’épisodes violents [dont] les luttes politiques qui aboutissent à l’arrestation et parfois l’exécution de certains groupes politiques [Dantonistes, Indulgents, «Hébertistes», Enragé·e·s]

Robespierre ne s’est pas «trouvé» au cœur de luttes politiques menant à l’arrestation, etc. Il a mené, délibérément, avec tous les moyens d’influence dont il disposait, une politique d’élimination politique (par la calomnie et le discrédit) et·ou physique (par la justice d’exception), de ceux et de celles qui lui paraissaient – pour reprendre des catégories anachroniques, mais commodes – trop «à droite» (Dantonistes) et trop «à gauche» (Enragé·e·s).

Il ne l’a pas fait en monstre assoiffé de sang (qu’il n’était pas) ni en dictateur (dont il n’avait pas les pouvoirs). Mais c’est cela qu’il a voulu et qu’il a accompli, aussi loin qu’il a pu. Il n’y a là nul hasard, pas le moindre mécanisme fatal d’une Révolution dévorant ses enfants, mais une tactique fondée sur la conviction passionnée (mais folle) de voir seul la «ligne juste» à suivre.